Faune sous-marine
Tourisme et cétacés à Maurice : la réglementation pointée du doigt

30 mai 2025
L’association Eco-sud Maurice appelle à durcir la législation autour de l’approche des cétacés. Alors que sur les réseaux sociaux, les vidéos de mises à l’eau pullulent, des sanctions semblent trop peu appliquées.
« Le temps n’est plus à la révision des lois, mais à leur application ferme et immédiate », fustige Eco-sud Maurice. En cause, les vidéos de touristes mis à l’eau à proximité de cachalots qui se multiplient ces derniers mois sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles, publiée en mars dernier, avait provoqué de vives réactions. « Derrière ces images “glamour” se cache une réalité violente : des animaux stressés, harcelés, encerclés. » La réglementation mauricienne interdit formellement la nage avec les baleines à moins de 100 mètres (contre 50 pour les dauphins) et encadre strictement l’approche des bateaux à proximité des cétacés. Pourtant, cette pratique illégale demeure largement répandue. « Pire encore : les lobbies du tourisme exercent des pressions pour assouplir la loi et légaliser cette activité destructrice », alerte encore l’association environnementale.
En conséquence, Eco-sud appelle les autorités à faire appliquer strictement et systématiquement les lois en vigueur, à travers des sanctions exemplares contre les opérateurs illégaux et les « influenceurs complices ». Parmi les autres revendications figurent une transparence totale sur les consultations en cours concernant la révision de la réglementation ainsi que la création de véritables zones marines protégées — surveillées, respectées et cogérées avec la société civile. Récemment, l’île Maurice s’est engagée à inscrire les droits de la nature dans sa Constitution. Or, « transformer les baleines en produits de luxe pour le tourisme constitue une trahison de nos engagements écologiques ».
La mise à l’eau à proximité d’animaux sauvages provoque plusieurs risques. D’abord, l’approche des bateaux et des nageurs peut perturber le calme nécessaire à leur repos et plus particulièrement à l’allaitement des plus jeunes. Pour récupérer, les cachalots doivent rester à la surface, où ils sont plus vulnérables que dans les profondeurs, où ils vivent la plupart du temps. Enfin, une grande proximité avec des bateaux à hélice accentue le risque de blesser les animaux.
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