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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Protection

Maurice : vers une reconnaissance des droits de la nature

24 janvier 2025

Par : La rédaction

Face aux effets du réchauffement climatique, le gouvernement de la République de Maurice a annoncé une série de nouvelles mesures. Plusieurs champs y sont pris en compte : recherche scientifique, diplomatie, budget, suivi et gestion…

L’appel de la société civile semble avoir été entendu. Le gouvernement mauricien vient d’annoncer un arsenal de nouvelles mesures visant à renforcer la résilience environnementale. D’abord, un centre régional dédié à la recherche et à l’éducation sur le changement climatique verra le jour, offrant un espace d’échange et de coopération pour les habitants de l’océan Indien et au-delà. Parallèlement, la diplomatie climatique sera intégrée aux stratégies internationales du pays afin de faciliter l’accès aux financements dédiés à l’adaptation et à l’atténuation des effets du réchauffement climatique. De quoi appuyer l’élaboration de mesures d’évaluation et de gestion des risques au niveau mondial.

L’approche budgétaire évolue également avec l’adoption d’une budgétisation intégrant pleinement les impératifs écologiques dans les décisions publiques. Une analyse approfondie des cadres institutionnels et juridiques liés au climat sera menée pour optimiser la coordination des actions gouvernementales. Sur le plan législatif, un projet d’amendement constitutionnel vise à reconnaître officiellement les droits de la nature. Une nouvelle loi encadrera également la protection des zones environnementales sensibles (ZES), garantissant une meilleure préservation des écosystèmes et des populations locales.

L’accès aux données environnementales se veut plus transparent : la publication du Plan directeur de drainage des terres et du Modèle numérique d’altitude offrira aux chercheurs et aux ONG des ressources potentiellement précieuses pour élaborer des stratégies adaptées aux réalités du terrain. Dans une démarche de sensibilisation et d’implication citoyenne, le programme Service à l’écologie sera prochainement lancé afin d’encourager les initiatives locales en faveur de la protection de l’environnement. De plus, la création d’une Commission pour une transition juste accompagnera le développement d’alternatives socio-écologiques.

Marée noire, déchets et érosion

Pour renforcer la prévention des risques environnementaux, le Plan national d’intervention en cas de marée noire sera consolidé par l’acquisition de nouveaux équipements et une cartographie côtière affinée. Cette mesure n’est pas sans rappeler le naufrage du MV Wakashio, qui, à l’été 2020, avait provoqué le déversement de près de 1 000 tonnes de fioul près des côtes mauricienne. Quatre ans plus tard, les écosystèmes environnants subissent toujours le tribu de cette lourde pollution, souligne une récente étude scientifique. En complément du Plan national à naître, des indicateurs de performance environnementale et de qualité de l’eau du lagon seront instaurés pour assurer un suivi précis de l’état des écosystèmes.

Les efforts pour la résilience côtière s’intensifieront également, à travers des projets de réhabilitation des littoraux affectés par l’érosion. De plus, plusieurs terrains seront officiellement déclarés plages publiques et bénéficieront d’aménagements visant à garantir un accès facilité au littoral. Enfin, la gestion des déchets connaîtra un tournant avec la généralisation du tri à la source, un levier clé pour encourager le recyclage et impulser une dynamique d’économie circulaire plus durable.

L’annonce du gouvernement survient quelques mois après l’appel de l’association Eco-Sud à Maurice à considérer les écosystèmes comme des entités juridiques dotés de droits légaux au même titre que les êtres humains. « Annoncer des projets est une chose, les réaliser en est une autre », a réagit Sunil Dowarkasing, ancien stratégiste pour Greenpeace, interrogé par L’Express de Maurice. Si les mesures relatives à l’économie verte lui apparaissent pertinentes, le Mauricien suggère notamment que des études complémentaires soient menées concernant la gestion des zones sensibles.

 

Maurice : la société civile plaide pour la reconnaissance des droits à la nature

 

 

 

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