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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Conservation

Protéger les récifs pour renforcer les communautés

13 juillet 2025

Par : La rédaction

Dans plusieurs îles du sud-ouest de l’océan Indien, le projet RECOS soutient la résilience des populations et des écosystèmes marins et côtiers. À Madagascar et aux Comores notamment, le dispositif permet de déployer un large éventail d’actions.

Les Vezo, dont est issue Sebastina, constituent une communauté de pêcheurs traditionnels sur la côte sud-ouest de Madagascar.

Sebastina Sacrinabah Norice Isabelle est une jeune Vezo. Du haut de ses 29 ans, elle aime scruter la mer. Et surtout, ce qu’il y a sous sa surface. Grâce à une formation en écologie marine, Sebastina s’est spécialisée dans le suivi écologique des écosystèmes marins. Parmi eux, les herbiers et les récifs constituent des milieux essentiels à la biodiversité. En effet, ces habitats abritent de nombreuses espèces et participent à la sécurité alimentaire des populations. Protéger et suivre l’état de santé des herbiers et des récifs sert ainsi les intérêts des communautés locales. Avec patience et pédagogie, Sebastina partage les résultats de ses recherches auprès des membres de sa communauté. Son objectif : convaincre de la nécessité de préserver les écosystèmes, d’adopter des pratiques de pêche responsable, d’observer les périodes de fermeture. Ainsi, pour les villageois, ces ressources pourraient être plus accessibles, plus nombreuses, plus pérennes. 

Grâce au soutien du projet Résilience des populations et des écosystèmes marins et côtiers du sud-ouest de l’océan Indien, ou RECOS, de la Commission de l’océan Indien (COI) et ses partenaires de mise en œuvre, comme l’association Blue Ventures, Sebastina et sa communauté continuent de participer activement à la gestion durable des ressources marines et côtières de leur territoire. À travers ce dispositif, la COI contribue au renforcement de la résilience des populations côtières en soutenant des initiatives locales de suivi et conservation des écosystèmes, en promouvant une gestion intégrée des zones côtières (GIZC), en mobilisant les scientifiques ou encore en facilitant l’échange d’expériences entre acteurs de la GIZC pour diffuser les bonnes pratiques. Indirectement, ces initiatives donnent une place nouvelle aux jeunes et aux femmes impliquées. Sebastina, par exemple, est devenue un modèle d’émancipation féminine. Dans la région, elles sont rares à être impliquées dans des activités liées à la mer. Par la science, l’engagement communautaire et surtout par conviction, Sebastina est devenue une ambassadrice de la GIZC à Madagascar.

Dans le cadre du projet RECOS plusieurs sites pilotes ont été déployées aux Comores notamment.

Le projet RECOS de la COI soutient également des projets aux Comores, à Madagascar, à Maurice et aux Seychelles en vue d’une gestion durable des écosystèmes marins et côtiers. Et pour cause : ils rendent des services essentiels aux populations, comme la protection du littoral en atténuant les effets des aléas climatiques et font office de nurserie garantissant la diversité biologique, et avec elle, la sécurité alimentaire… Pour les populations, cela représente une sécurité renforcée face aux risques, une sécurité alimentaire et nutritionnelle améliorée, des opportunités économiques directes et indirectes comme le tourisme. C’est ce que rappelle constamment Sebastina aux communautés qu’elle rencontre. 

C’est là toute la valeur ajoutée de la gestion intégrée des zones côtières. En adoptant une approche « des crêtes aux récifs », elle donne des méthodes et outils de gouvernance des littoraux en préservant les milieux naturels tout en assurant aux communautés locales les moyens de leur subsistance et de leur épanouissement socioéconomique. En y contribuant, Sebastina et sa communauté sont les acteurs d’un changement durable. 

Le projet RECOS en bref

Depuis 2022, le projet RECOS, mis en œuvre par la COI et cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), vise à renforcer la résilience des communautés côtières face aux effets du changement climatique. Aux Comores, le Parc national de Mohéli (PNM) bénéficie du soutien de RECOS pour la mise en place d’actions concrètes telles que la surveillance des bassins versants et l’installation de balisages marins pour délimiter les zones de non-prélèvement (ZNP). La création d’une stratégie de surveillance marine et la formation des équipes de patrouilles maritimes font partie des efforts pour renforcer l’application des réglementations environnementales.

Les 22 aires marines protégées de Madagascar couvrent 14 451 kilomètres carrés et protègent près de 27 % des récifs coralliens du pays.

Dans le paysage marin du nord-ouest de Madagascar, composé de Nosy Be et des aires marines protégées (AMP) Ankivonjy et Ankarea, joyaux de la biodiversité marine, RECOS intervient dans la redynamisation du comité GIZC local, en misant sur la sensibilisation afin de réduire les impacts des activités humaines en soutenant des mesures d’adaptation au changement climatique, telles que la réduction de la vulnérabilité des communautés locales par la promotion d’activités économiques respectueuses des récifs. Des actions de suivi écologique et de suivi du blanchissement corallien y sont mises en œuvre pour évaluer l’efficacité des mesures de protection à travers les AMP. En complément, un projet de recherche-action, mené par un doctorant en collaboration avec l’Institut halieutique des sciences marines (IHSM), étudie la diversité et la résilience écologique des récifs dans ces aires protégées. 

Un renforcement régional de la restauration corallienne

Au total, 50 acteurs de la région ont bénéficié, en 2023, du programme d’échange d’expérience du projet RECOS pour se former aux techniques de restauration corallienne, comme le bouturage et la transplantation. Ces formations ont également été étendues aux parcs marins des Comores et à la Direction régionale des ressources halieutiques (DGRH). De quoi favoriser la coopération régionale et le partage de bonnes pratiques en matière de gestion durable des récifs coralliens. 

La Commission de l’océan Indien s’est engagée en faveur d’une gestion durable des écosystèmes marins et côtiers au travers de nombreux projets (PRE-COI/UE, ISLANDS, GDZCOI, Biodiversité, et actuellement RECOS). Le sud-ouest de l’océan Indien abrite le 2e triangle récifal mondial, représentant 15 kilomètres carrés de récifs dont les services écosystémiques participent à l’économie régionale à hauteur de huit milliards de dollars par an, principalement à travers la pêche et le tourisme. Cet engagement pour les écosystèmes s’inscrit dans une démarche de résilience des populations côtières autant que de préservation écologique.

 


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