Aire marine protégée
Comores : préserver les récifs grâce aux communautés de pêcheurs

14 mars 2025
L’association Dahari développe un réseau de réserves marines gérées par les pêcheurs pour restaurer les récifs coralliens et préserver les ressources halieutiques. Ce modèle communautaire repose sur une gouvernance locale, un suivi scientifique et des incitations économiques. L’objectif est d’assurer une pêche durable tout en renforçant la résilience des écosystèmes marins.
Situées au cœur d’une zone particulièrement riche en termes de biodiversité marine, les Comores font face à une dégradation alarmante de leurs récifs coralliens. La surpêche, les pratiques destructrices et les effets du changement climatique mettent en péril ces écosystèmes vitaux, menaçant ainsi la sécurité alimentaire des communautés côtières. Face à ce constat, l’ONG Dahari déploie une stratégie innovante pour la période 2025-2030, visant à établir un réseau de réserves marines gérées par les pêcheurs et pêcheuses eux-mêmes.
L’association mise sur un modèle de gestion communautaire, dans lequel les pêcheurs désignent et gèrent des zones marines protégées de façon permanente. La première réserve de ce type, instaurée en 2021 à Anjouan, a montré des résultats encourageants : retour de certaines espèces de poissons et augmentation des captures en périphérie de la zone. Fort de ce succès, Dahari prévoit d’étendre le dispositif avec la création d’au moins cinq nouvelles réserves d’ici 2026. L’objectif est de développer un réseau interconnecté qui favorisera la régénération des récifs et l’amélioration des pêcheries côtières.
Pour assurer la réussite de cette stratégie, cinq axes d’intervention sont définis :
- Apprentissage adaptatif : suivi scientifique des récifs et des pêches pour ajuster les actions en fonction des résultats.
- Plaidoyer pour les droits des pêcheurs : reconnaissance juridique du modèle de gestion communautaire.
- Incitations économiques : valorisation des pêcheries locales pour compenser les restrictions liées aux réserves.
- Gouvernance participative : décision collective où les pêcheurs ont un rôle central.
- Planification écologique et sociale : intégration des critères de biodiversité et des besoins locaux.
Au-delà de la période 2025-2030, Dahari envisage un réseau national de réserves d’ici 2026, en collaboration avec les institutions locales et internationales. L’organisation cherche également des financements pour renforcer ses actions et accompagner les communautés dans la transition vers une gestion durable des ressources marines. Cette approche participative, qui place les acteurs locaux au cœur des décisions, pourrait constituer un modèle reproductible dans d’autres régions confrontées aux mêmes enjeux de conservation et de sécurité alimentaire.
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