Conservation
Comores : vers une meilleure résilience des populations et des écosystèmes

16 novembre 2024
Entre octobre et novembre derniers, les Comores, et plus particulièrement l’île de Mohéli, ont bénéficié de plusieurs ateliers thématiques dans le cadre du programme RECOS, porté par la COI. De quoi permettre à plusieurs agents et techniciens de parfaire leurs compétence, notamment en matière de sensibilisation, de communication et de suivi scientifique et écologique.
La Commission de l’océan Indien (COI), à travers son projet Résilience des populations et des écosystèmes côtiers du sud-ouest de l’océan Indien (RECOS), conduit plusieurs activités aux Comores. L’équipe de ce projet financé par l’Agence française de développement et le Fonds français pour l’environnement mondial, a récemment réalisé une mission d’appui au site pilote du Parc national de Mohéli, participé au lancement d’une campagne de restauration de mangrove à Mohéli et organisé un atelier de la Fresque du Climat à Moroni. Cet outil pédagogique et collaboratif permet aux individus et aux organisations de mieux comprendre les enjeux liés aux changements climatiques afin de mettre en œuvre des actions concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et, par conséquent, les impacts des changements climatiques.
Le projet RECOS, quant à lui, appuie six sites pilotes de restauration des écosystèmes côtiers dans les Etats membres de la COI. Le Parc national de Mohéli est l’un d’eux. Porté par l’association Noé, le projet d’appui au Parc national de Mohéli vise trois objectifs : renforcer la protection des habitats marins et espèces sensibles (mangroves, herbiers, tortues, dugongs) ; mettre en place des mesures de gestion de pêche et renforcer la résilience des communautés côtières.Il y a quelques semaines, une mission du projet RECOS s’est rendue à Mohéli afin de suivre la mise en œuvre de ce projet et apporter un appui technique et administratif aux équipes locales.
Cette mission a permis de définir les actions qui seront réalisées par le Parc en 2025, telles que la révision des accords de cogestion, le balisage des réserves marines ou le renforcement des associations de pêcheurs de Mohéli. Une sortie de terrain a également permis de constater l’urgence d’une mise en protection de l’herbier marin. La protection de l’herbier marin est cruciale pour la biodiversité marine. C’est d’ailleurs l’une des mesures proposées par le projet d’arrêté sur la délimitation des réserves marines du Parc.
Une communauté grandissante
Le projet RECOS a été invité à participer à la cérémonie de lancement de la campagne de restauration de la mangrove de Bangacharini, Mohéli, dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale. Cette cérémonie s’est tenue en début de mois sur le site de restauration en présence de plusieurs officiels comoriens dont le ministre de l’Environnement et le ministre de l’Agriculture. Le directeur exécutif par intérim du Parc national de Mohéli, Chekidine Said, y a rappelé les efforts du Parc depuis sa création pour protéger les mangroves de Mohéli. Ce faisant, il a appelé à une synergie entre le projet de la Banque mondiale et le projet RECOS de la COI afin de maximiser l’impact de ces actions de protection et de restauration des mangroves.
Le projet RECOS a également organisé le premier atelier de la Fresque du Climat aux Comores. Cet atelier, qui s’est tenu les 29 et 30 octobre 2024 à Moroni, a été animé par Diane Salmon, formatrice et unique référente de la Fresque du Climat dans la région océan Indien occidental. Le premier jour a permis d’améliorer la compréhension et la connaissance de treize acteurs comoriens de divers horizons (ministère de l’environnement, ONG, associations, universités, etc.) aux enjeux des changements climatiques.
Le deuxième jour visait à former des animateurs de la Fresque du Climat qui pourront, à leur tour, animer des ateliers similaires dans l’archipel des Comores afin d’encourager un changement de comportement positif de la population pour, entre autres, réduire l’émission de gaz à effet de serre, principale cause des changements climatiques. Neuf Comoriens rejoignent ainsi la communauté de 80 000 fresqueurs dans le monde. « Après la formation, je souhaite d’abord sensibiliser les jeunes et les enfants à mieux comprendre les défis des changements climatiques et trouver avec eux des solutions qui pourront être appliquées au quotidien », témoigne Fatouma Ibrahim, secrétaire générale du Réseau Climat de l’OI Comores et enseignante de collège.
Les appuis en cours et à venir de RECOS aux Comores
D’autres actions du projet RECOS de la COI sont programmées aux Comores. En effet, le projet RECOS soutient l’Agence nationale des aires protégées (ANAP) dans sa mission de protection de la biodiversité et de gestion du Système national des aires protégées (SNAP). Cet appui porte, plus particulièrement, sur :
- La valorisation des bonnes pratiques au sein des aires marines protégées comoriennes et la sensibilisation à l’importance des écosystèmes marins et côtiers, par la production de vidéos en vue d’une diffusion régionale et internationale ;
- Le développement du nouveau site web de l’Agence pour valoriser ses actions ;
- La contribution aux échanges d’expériences entre parcs marins en matière de méthodologies de sensibilisation, de surveillance et de suivi écologiques.
À travers le volet scientifique du projet, une experte française du centre réunionnais Kelonia, dédié à l’étude et à la découverte des tortues marines, s’est elle aussi rendue à Mohéli pour épauler l’équipe du Parc national dans l’application des protocoles de suivi des herbiers et des tortues marines. En complément, le Parc accueillera très prochainement une étudiante mauricienne, bénéficiaire d’une bourse doctorale RECOS, qui travaillera durant trois semaines aux côtés de l’équipe du Parc à la cartographie des mangroves de Mohéli.
Enfin, les Comores bénéficieront du programme SandWatch de l’UNESCO, dont le lancement national est prévu à la fin du mois de novembre. Il s’agit d’un programme éducatif d’observation des plages et de science citoyenne développé par l’UNESCO à des destinations des écoles et autres parties prenantes. Ce programme participatif d’éducation à l’environnement permet de mobiliser les jeunes dans la surveillance des milieux côtiers, d’identifier les menaces et les actions durables à apporter.
Photo en Une : Mangrove de Mohéli. © DroneGo
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