Flore terrestre
Plus de 40 % de la flore en danger d’extinction à La Réunion

22 décembre 2023
Dans le cadre de la Liste rouge nationale des espèces menacées de l’UICN, les équipes du Muséum national d’histoire naturelle ont participé à la réévaluation du risque d’extinction de l’exceptionnelle flore de La Réunion. Plantes à fleur, arbres, fougères… la biodiversité s’effondre alors que les mesures de conservation tardent à porter leurs fruits. Mais il est encore possible d’agir.
La biodiversité est en plein effondrement, y compris dans l’océan Indien. 13 ans après une première évaluation, 41 % d’espèces de la flore réunionnaise sont désormais menacées d’extinction contre 30 % en 2010. A titre d’exemple, Le Palmiste rouge des hauts (Acanthophoenix crinita), si caractéristique de la forêt réunionnaise et qui surplombe la canopée, est ainsi passé de « vulnérable » à « en danger » en à peine plus d’une décennie, et ce notamment sous la pression du braconnage pour sa consommation alimentaire.
D’autres espèces souffrent de la prolifération d’espèces exotiques devenues envahissantes. C’est par exemple le cas de la Trochétie granuleuse (Trochetia granulata) désormais elle aussi classée « vulnérable » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Le très rare Bois puant (Foetidia mauritiana) a également été réévalué comme « en danger critique », car il est progressivement étouffé par la Liane papillon (Hiptage benghalensis), originaire d’Indo-malaisie. Un constat particulièrement alarmant, alors que l’île intense abrite plusieurs centaines d’espèces de plantes indigènes, dont 41 ont déjà complètement disparu, à l’image du Bois de lait (Tabernaemontana persicariifolia Jacq).
De plus en plus de pressions anthropiques
Selon le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), qui a participé à la réévaluation du risque d’extinction de la flore réunionnaise, « l’introduction d’espèces exotiques qui se révèlent envahissantes à plus ou moins long terme a été identifiée comme le danger principal ». Mais il en existe d’autres, comme la destruction et la dégradation des habitats naturels sous l’effet de l’urbanisation et du développement agricole ; les prélèvements d’espèces pour l’ornement ou la pharmacopée traditionnelle ; le déclin voire la disparition des animaux permettant la dispersion des semences et la pollinisation des fleurs ou encore des épisodes saisonniers de sécheresse de plus en plus marqués.
Face à ces menaces, les acteurs locaux ont mis en place des plans de réintroduction d’espèces ou de restauration d’habitats. La lutte biologique devra également s’accentuer – par exemple par l’introduction d’un charançon prédateur de la laitue d’eau invasive. Mais, au-delà des actions des experts, « la participation de tout un chacun s’avère primordiale pour protéger notre environnement. Il est notamment indispensable de ne plus introduire d’espèces animales ou végétales sur l’île de La Réunion, insiste le MNHN. Et des changements en profondeur dans les modes de vie, à l’échelle régionale comme globale, sont nécessaires pour diminuer la pression anthropique sur la nature (se passer d’espèces exotiques, diminuer la consommation de viandes, préférer les modes de transport doux, etc.). »
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