Vie sous-marine
Une extinction de masse menace les océans

13 juin 2024
90 % des espèces marines du globe sont très sérieusement menacées d’ici 2300 sans réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Une extinction de masse comparable à celle survenue il y a 250 millions d’années, soit la plus destructrice que la Terre n’ait jamais connue. Voilà ce que prédit une équipe de chercheurs dirigée par Anshuman Swain, chercheur au Département de biologie organistique et évolutive de Harvard et affilié au Museum of Comparative Zoology, dans une étude récemment publiée par Nature. Celle-ci vise à déterminer à quel point les changements climatiques pouvaient affecter la biodiversité marine, les mers et océans absorbant une grande partie du carbone atmosphérique généré par les gaz à effet de serre.
Au total, 25 000 espèces vivant jusqu’à 100 mètres de profondeur ont été analysées. Les chercheurs ont mesuré leur vulnérabilité aux changements climatiques et environnementaux ainsi que leur adaptabilité face à ces mêmes changements. Les données collectées ont ensuite été comparées avec les perturbations climatiques modélisées par le GIEC.
Limiter les dégâts
Si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, 90 % des espèces marines seront soumises à un stress climatique tel que leur survie serait directement menacée d’ici 2300. Ce scénario prévoit une augmentation de 4°C par rapport à l’ère pré-industrielle. En revanche, si le réchauffement climatique est limité à 2°C, la gravité des extinctions serait réduite de 70 %, ce qui permettrait d’éviter l’extinction de masse. Alors que l’Accord de Paris sur le climat fixait un objectif initial de contenir le réchauffement climatique à 1,5°C, cet objectif semble déjà impossible à atteindre selon le GIEC, au regard des timides efforts internationaux déployés en ce sens.
Néanmoins, les extinctions marines ont aujourd’hui moins progressé que celles sur terre, estiment les auteurs de l’étude, suggérant qu’il est encore temps de « renverser la vapeur ». Ainsi, la publication invite tous les Etats à repenser leurs stratégies de conservation du monde marin. Première priorité : la cartographie des zones les plus fragiles, c’est-à-dire où la biodiversité serait la plus exposée face au changement climatique. Ces espaces devront faire l’objet de plans de préservation ambitieux, en envisageant notamment la réduction voire l’arrêt de la pêche et de l’exploitation des autres ressources.
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