Protection
Un continent de plastique découvert dans l’océan Indien

06 octobre 2024
Une récente étude révèle une concentration de particules bien plus forte que dans tout l’océan Atlantique. Le continent de déchets se stimulait à l’est du bassin.
La plupart des déchets plastiques mal gérés pénètrent dans l’environnement marin. Une fois dans les océans, ces plastiques dérivent jusqu’à atteindre des zones de convergence subtropicales, où ils s’accumulent pour former des « Garbage Patch ». Cinq de ces zones ont été récemment découvertes, dont l’une dans le sud de l’océan Indien. Cette dernière a fait l’objet de peu d’études d’observation en surface, et plusieurs modèles de dispersion indiquent une localisation différente, la plaçant soit à l’ouest ou à l’est du bassin.
Supposée être la deuxième garbage patch la plus polluée après celle du Pacifique Nord, il est crucial de l’identifier correctement pour intervenir efficacement. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet doctoral fraîchement soutenu par Margot Thibault, doctorante à l’Université de La Réunion. Son travail vise à déterminer la composition, la concentration et l’origine des débris plastiques accumulés dans le sud-ouest de l’océan Indien. Depuis le début du projet, 19 campagnes océanographiques ont été déployées pour effectuer des suivis visuels des macrodéchets et collecter des microplastiques. Des collectes des déchets marins échoués sur des plages inhabitées ont également été réalisées pour évaluer la proportion qui ne reste pas en surface. Selon l’étude, la concentration de ce continent de déchets s’élèverait à un million de particules par kilomètres carrés, contre 10 000 dans l’Atlantique…
Une étude à long terme de cette pollution plastique a été entreprise en recherchant des espèces bio-indicatrices de la pollution dans la région. Toutes les observations ont été comparées ou complétées par des modèles de dispersion de particules dans l’océan Indien. Sur l’ensemble des déchets marins collectés ou observés, 95 % étaient constitués de plastiques. Parmi les plastiques, la sous-catégorie prédominante était celle des plastiques durs déjà fragmentés, retrouvés en surface de l’océan, échoués sur des îles inhabitées et ingérés par les espèces bio-indicatrices. La composition principale de ces polymères était le polyéthylène et le polypropylène, et elle ne différait pas entre la surface de l’océan et les plages.
Certains macroplastiques échoués sur des îles venaient d’emballages alimentaires d’Asie du Sud-Est. Afin de poursuivre l’étude de la pollution plastique dans la région, trois espèces ont été identifiées répondant aux critères de sélection : les Tortues caouannes (Caretta caretta), les Pétrels de Barau (Pterodroma baraui) et les Puffins tropicaux (Puffinus baillonni). « Pour les futures études, il serait intéressant d’accroître les collectes dans la partie centrale et orientale du bassin de l’océan Indien à différentes saisons, d’étudier également l’impact de ces déchets plastiques sur les écosystèmes associés et d’établir des solutions de gestions adaptées », suggère la thèse.
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