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Herpétologie

Seychelles : Quand les geckos racontent l’état des îles

25 septembre 2025

Par : ICS Seychelles

L’Île Platte abrite plusieurs geckos endémiques des Seychelles, véritables sentinelles de la santé des écosystèmes insulaires. Pour mieux comprendre l’évolution de leurs populations, l’association Island Conservation Society mène un suivi régulier de ces reptiles diurnes. Une démarche essentielle face aux pressions croissantes du changement climatique et des espèces invasives.

Avec une superficie de 54 hectares, l’Île Platte, au sud de Mahé, abrite trois espèces différentes de geckos diurnes endémiques : le gecko vert des Seychelles (Phelsuma astriata), le gecko diurne de Mahé (Phelsuma sundbergi longinsulae) et le grand gecko diurne des Seychelles (Phelsuma sundbergi sundbergi). Déployée sur place, l’équipe de l’ONG Island Conservation Society (ICS Seychelles) a mis en place une initiation mensuelle à la surveillance de la population de geckos. Ce suivi permet d’estimer la taille de la population sur l’Île Platte, le type de plantes et l’environnement de chacune d’entre elles, tout en évaluant leur croissance en recensant les juvéniles, les femelles porteuses d’œufs — dites gravides — et leur mode de vie. 

Cette surveillance permet également d’observer leur variabilité, soit la fluctuation liée aux différentes saisons aux Seychelles, ainsi que l’adaptation de ces geckos face au changement climatique. L’activité consiste à travailler sur une zone délimitée, au sein de laquelle les espèces sont identifiées grâce à l’emploi de jumelles et d’un appareil photo. Chaque observation est ensuite comptabilisée puis enregistrée par un point GPS afin de faciliter le suivi. 

Un rôle écologique crucial

Les geckos jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes insulaires et forestiers. Leur présence est un indicateur de biodiversité et de santé écologique. Ils régulent les populations d’insectes, notamment de moustiques, cafards, mouches, mites et autres petits nuisibles dont ils se nourrissent. Ils contribuent ainsi à limiter la propagation de maladies chez certaines plantes. Les geckos sont par ailleurs prédatés par d’autres animaux — oiseaux, serpents et petits mammifères — et constituent donc un maillon important de la chaîne alimentaire. 

Certaines espèces de geckos, frugivores, contribuent également à la pollinisation des fleurs ou à la dispersion des graines. Ils contribuent à ce titre à la régénération des plantes de l’Île Platte. Leur présence est donc un indicateur écologique important, et la baisse du nombre d’individus peut indiquer un déséquilibre au sein de l’écosystème, dû par exemple à la pollution ou à la présence de prédateurs introduits comme les rats ou les chats. L’introduction d’autres geckos représente également une menace, en entrant en compétition avec les espèces locales. 

Les îles en première ligne

© ICS Seychelles

Les territoires insulaires constituent souvent des écosystèmes fragiles et uniques, marqués par un nombre important d’espèces endémiques, dont un grand nombre de geckos. Il est donc capital de les intégrer aux programmes de conservation, particulièrement dans les îles dont la faune est vulnérable aux espèces invasives et aux changements climatiques.

À l’échelle mondiale, environ 80 % des espèces de geckos répertoriées à ce jour ont été évaluées dans le cadre de la Liste rouge de l’UICN. Près de 22 % d’entre elles sont considérées comme menacées. Le gecko vert des Seychelles, endémique de l’archipel, est considéré comme « Préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’UICN. Si l’espèce n’est pas menacée de disparition à l’heure actuelle, des changements du climat et de son environnement direct sont rapportés depuis 2006 sur certaines îles seychelloises. Certaines d’entre elles sont habitées par des espèces animales exotiques envahissantes, préoccupation majeure notamment sur l’Île Platte. Pour ne rien arranger, certaines sous-espèces ou populations locales de geckos peuvent être affectées par la construction d’infrastructures touristiques.

 

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