Boutique

Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Faune sous-marine

Seychelles : La 500e raie Manta de récif vient d’être comptabilisée

25 août 2025

Par : La rédaction

Cette étape met en lumière l’urgence de mieux protéger cette espèce indispensable à la santé des récifs coralliens. Les raies Manta de récif connaissent un déclin alarmant dans le monde.

Elles sont soigneusement recensées depuis une dizaine d’années dans l’archipel seychellois. La 500e raie Manta de récif, également connue sous le nom de raie Manta d’Alfred (Mobula alfredi, anciennement Manta alfredi), vient d’être officiellement identifiée localement par les biologistes marins. L’espèce revêt une importance capitale pour la biodiversité, et plus particulièrement pour les récifs coralliens, puisqu’elle contribue à l’élimination des poissons et des crustacés malades.

La raie Manta de récif ressemble à s’y méprendre à sa cousine océanique (Manta Mobula), la plus grande de toutes les espèces de raies. Si son envergure peut atteindre jusqu’à 5,5 mètres, elle est généralement comprise entre 3 et 3,5 mètres. Sa queue, elle, peut atteindre jusqu’à plus de 120 % de la longueur de son corps. Son ventre blanc est tacheté de noir, à l’inverse de son dos, noir ou bleu, parsemé de taches blanches. La raie Manta de récif affiche souvent deux zones plus claires sur le dessus de sa tête délimitées par un dégradé. Enfin, sa nageoire dorsale est dépourvue de boursouflure à sa base, contrairement aux raies Manta océaniques.

Les raies Manta de récif sont plutôt sédentaires mais peuvent observer de petites migrations pour suivre le plancton.

L’habitat des raies Manta de récif couvre les eaux tropicales et subtropicales du globe. Elle est ainsi présente dans l’océan Pacifique oriental et central, dans l’Indo-Pacifique et dans certaines régions de l’océan Atlantique.

Une population en danger

La raie Manta de récif est aujourd’hui classée « Vulnérable » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Sa population globale connaît un fort déclin depuis une vingtaine d’années à cause de la surpêche, notamment à destination du marché chinois, où les branchies de raies sont utilisées dans la médecine traditionnelle.

Malheureusement, l’espèce affiche un faible taux de fécondité, avec une reproduction tous les 2 ans environ et jusqu’à 5 ans selon les individus, une maturité sexuelle tardive — 6 ans pour les mâles — et une gestation longue, d’environ 1 an. L’ensemble de ces paramètres rend le renouvellement des populations particulièrement long et insuffisant pour pallier les pressions naturelles et anthropiques qui pèsent sur elles. À l’exception des orques et de quelques espèces de requins, la raie Manta de récif connaît néanmoins peu de prédateurs, puisqu’elle peut atteindre une vitesse de 24 km/heure en cas de fuite.

Seychelles : un nouveau statut pour les raies et les requins de certains atolls

 

Voir plus sur la thématique : Faune sous-marine