Faune terrestre
Roussettes et makis, semeurs de graines

08 juin 2026
Les lémuriens et les chauves-souris remplissent, comme d’autres frugivores, une fonction essentielle au bon maintien de l’écosystème. Ils disséminent des graines et assurent la progéniture de nombreux arbres indigènes. Leur existence est cependant gravement menacée par la déforestation.
Il y a quelques siècles seulement, les forêts de Madagascar abritaient environ 250 espèces de mammifères indigènes¹. Parmi ces créatures exceptionnelles, vivaient des lémuriens géants, comme les lémur-koala (Megaladapis). Massifs, leur poids avoisinait celui d’un humain adulte, entre 40 et 80 kilos. Les paléopropithèques (Palaeopropithecus), étaient quant à eux, de grands lémuriens aux longs bras. Ils étaient connus dans les anciennes légendes malgaches sous le nom de « tratratratra ». De plus, deux ou trois espèces d’hippopotames nains peuplaient autrefois les montagnes et les plaines pour leurs marais et leurs grandes rivières. Tous vivaient en symbiose avec les arbres, dispersaient leurs graines. Ainsi, ils participaient à façonner durablement un paysage végétal vivant et varié, tissé par 80 millions d’années d’évolution.
Puis vint Homo sapiens, il y a quelques milliers d’années. Sa présence contribua rapidement à les faire disparaître, ainsi qu’au moins 30 espèces de mammifères, principalement de grands frugivores et herbivores. Par ailleurs, l’analyse des couches archéologiques et des sédiments charbonneux témoigne de l’apparition simultanée d’activités anthropique. Parmi elles, la chasse, le brûlis et l’introduction d’espèces domestiques. À termes, celles-ci ont profondément transformé les écosystèmes malgaches². Beaucoup d’espèces végétales restent aujourd’hui orphelines de leurs disperseurs. Entre autres, des arbres, tels que l’hazomboay (Erythrina hazomboay) ou des palmiers, comme le rônier de Madagascar (Borassus madagascariensis), autrefois disséminés à travers l’île entière, survivent parfois à peine, isolés ou voués à disparaître.
Un effondrement silencieux
La situation actuelle est bien plus critique qu’à toute autre période de l’histoire naturelle de l’île. Madagascar compte plus de 3 500 espèces menacées, dont 95 % des lémuriens. Un record mondial pour un groupe de mammifères³. Malgré tout, les lémuriens restants — soit 114 espèces et sous espèces occupant des niches variées dont deux espèces (Eulemur mongoz et Eulemur fulvus), distribuées dans l’archipel des Comores — assument aujourd’hui encore un rôle vital de disséminateurs de graines.
Le charismatique vari noir et blanc (Varecia variegata), du haut de ses 60 centimètres, se nourrit majoritairement de fruits. Les graines d’espèces telles que la liane Mendoncia cowanii ou l’arbre Uapaca bojeri seront répandues au gré de ses mouvements dans la canopée.
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• les grands lémuriens disséminateurs de graines ;
• le rôle des roussettes dans les forêts de Madagascar, des Comores et de Mayotte ;
• des solutions concrètes pour la conservation de ces espèces clé-de-voûte.
