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Ornithologie

Mayotte : observations exceptionnelles de deux oiseaux rares

25 février 2026

Par : La rédaction

La présence du dendrocygne veuf et du cormoran africain n’a été que très peu documentée à Mayotte. Pourtant, les deux espèces y ont été récemment observées, plusieurs années après la trace de leur dernier passage respectif. 

Avis de recherche dans le ciel mahorais. Le Groupe d’études et de protection des oiseaux de Mayotte (GEPOMAY) en appelle aux observateurs locaux concernant deux espèces rares d’oiseaux, le dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata) et le cormoran africain (Microcarbo africanus). Tous deux ont été observés en janvier 2026, au lac de Karihani, sur la commune de Tsingoni, située au centre de l’île. Ces faits sont exceptionnels : le dendrocygne veuf n’avait, jusqu’alors, été observé qu’une seule fois à Mayotte, en 2017. Quant au  cormoran africain, il s’agit de la troisième mention de la présence de cet oiseau sur le territoire, après 1999 et 2014 !

Comment reconnaître ces oiseaux ?

Le dendrocygne veuf, de la famille des Anatidés, est un canard grégaire et bruyant. L’espèce est inféodée aux zones humides, et se nourrit principalement d’herbes et de graines. Il se tient en grands groupes de plusieurs centaines d’individus en dehors de la période de reproduction. Il se reproduit en Afrique subsaharienne où il est presque omniprésent, mais aussi à Madagascar, dans l’archipel des Comores, à Maurice et aux Seychelles.  L’espèce est reconnaissable à son long bec noir, son cou marron et ses pattes gris bleuté de grande taille. L’avant de sa tête est blanc, contrastant avec l’arrière, noir. La partie supérieure de son corps présente des colorations brunes et une large bande noire relie sa poitrine à sa queue. Enfin, ses flancs sont teintés d’ocre, finement barrés de noir.

Le cormoran africain, lui, se nourrit surtout de poissons. Il a un bec crochu qui lui permet de maintenir les proies glissantes. Son plumage n’est pas imperméable, l’eau y pénètre et en chasse l’air, si bien que l’oiseau peut plonger et atteindre ainsi rapidement le fond. Perché sur une branche au-dessus de l’eau, il tient ses ailes étendues pour sécher son plumage après avoir pêché. Cette espèce se répartit dans l’Afrique subsaharienne, mais est rare sur la côte orientale du continent au nord de Madagascar. Son bec ainsi que sa peau faciale sont jaunes, et ses yeux rouges. La partie supérieure de son corps est de couleur noire, à l’instar de ses longues pattes palmées. Enfin, sa poitrine et son ventre sont plus clairs.

Que faire en cas d’observation ?

S’agissant d’espèces rares sur le territoire, il est important de se tenir à distance si vous observez l’un de ces deux oiseaux. Pour mieux documenter leur présence et leur mode de vie à Mayotte, n’hésitez pas à les signaler sur l’application NaturaList, disponible sur Android et sur l’App Store. Les informations renseignées permettront d’enrichir la plateforme Faune-Mayotte, véritable mine d’or de la faune locale.

Photo d’illustration : Microcarbo africanusKirsty Nadine)

 

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