Madagascar a franchi une étape majeure en officialisant la création de plusieurs nouvelles aires protégées et la délégation de leur gestion, mettant fin à une longue stagnation du réseau national.
Il s’agit de la première extension du réseau national depuis plus de 10 ans. Le 5 février, les autorités malgaches ont officiellement remis 21 arrêtés interministériels de protection temporaire d’aires protégées, pour une superficie cumulée de plus de 1,8 million d’hectares. Elles englobent des espaces terrestres, marins et mixtes, renforçant ainsi la cohérence écologique du réseau national. Ces classements s’inscrivent dans la dynamique internationale dite « 30 x 30 », qui vise à protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030, conformément aux objectifs fixés par le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming–Montréal.
Au-delà du classement juridique, l’événement a également été marqué par la remise de 10 décisions de délégation de gestion. Celles-ci visent à mettre un terme « à la situation d’aires protégées sans gestionnaires identifiés et renforce une gestion plus efficace, responsable et durable, fondée sur des mandats clairs et une redevabilité renforcée », selon les mots du du colonel Randrianirina Michael, président de la Refondation de la République de Madagascar (PRMM). Ces décisions devraient ainsi permettre de corriger une faiblesse structurelle du dispositif de conservation et de consolider l’opérationnalité des aires protégées nouvellement créées.
Cette séquence institutionnelle confirme l’engagement stratégique de Madagascar en faveur de la conservation de la biodiversité. Dans un pays reconnu comme l’un des hauts lieux mondiaux de biodiversité, la protection et la gestion effective des écosystèmes constituent un levier central du développement durable et un enjeu déterminant pour l’avenir environnemental, social et économique du territoire.
Protéger 30 % de la planète d’ici 2030 : une urgence mondiale
