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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Flore terrestre

L’origine des baobabs est désormais connue

12 juillet 2024

Par : La rédaction

Une récente étude est remontée aux origines des premiers baobabs, avant de retracer leur répartition sur plusieurs continents. Selon les chercheurs, une attention supplémentaire devrait être accordée aux baobabs malgaches, en danger d’extinction.

Son apparence intrigue, autant que son histoire. Longtemps, les origines du baobab ont fait débat : selon certains observateurs, des hiéroglyphes retrouvés au sud du Caire et datés de 2 500 avant J.C faisaient déjà référence à ses fruits, sans que cela ne soit formellement avéré. Il faudra attendre 1354 pour que l’arbre soit mentionné avec certitude dans la littérature, lorsque l’explorateur arabe Ibn Battuta évoque l’arbre dans le bassin du Niger au gré de ses récits de voyage. Deux siècles plus tard, Prospero Alpino, un médecin et botaniste italien, décrit le baobab dans un ouvrage consacré aux plantes d’Egypte. C’est d’ailleurs la première fois qu’il est ainsi nommé, en référence au terme arabe « bu hibab », soit « fruit aux nombreuses graines ». A la même époque, aucune observation n’a encore été recensée sur les terres malgaches. Pourtant, l’arbre de vie serait bel et bien originaire de la Grande île, selon une récente étude internationale publiée dans la revue Nature. Comment, alors, le baobab a t-il gagné le contient africain ?

Pour y répondre, l’équipe internationale, dirigée par des chercheurs du Jardin botanique de Wuhan, en Chine, a collecté les informations liées au génome de huit espèces de baobabs. Leur analyse a révélé que la lignée des baobabs, dite Adansonia, est apparue à Madagascar il y a 41 millions d’années, avant de se diversifier 20 millions d’années plus tard. La structure florale des différentes espèces nées par hybridation a alors évolué pour s’adapter à plusieurs pollinisateurs. Ainsi, différentes espèces ont pu gagner l’Afrique continentale et l’Australie – A. digitala pour la première et A. gregorii pour la seconde – lorsque le niveau de la mer était bas. A Madagascar, la pollinisation des baobabs est assurée par les lémuriens et les sphingidés, une famille de papillons. Ces derniers sont également présents en Australie, alors qu’en Afrique, ce rôle est joué par les chauves-souris.

Outre l’importance des pollinisateurs, l’étude met en lumière la vulnérabilité de certaines espèces de baobabs aux changements climatiques. En effet, A. suarezensis et A. grandidieri affichent une forte consanguinité, donc une faible diversité génétique, qui altère la résistance de ces souches malgaches. Déjà en 2018, une scientifique constatait que cinq des six baobabs les plus grands et huit des treize les plus anciens étaient morts ou en train de mourir au cours de la dernière décennie. Tous étaient millénaires ou bimillénaires.

Les efforts de reboisement du baobab montrent un impact rapide à Madagascar

 

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