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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Restauration

Les efforts de reboisement du baobab montrent un impact rapide à Madagascar

L'allée des baobabs est l'un des paysages les plus emblématiques de Madagascar.

16 mai 2024

Par : La rédaction

Un projet de restauration des forêts de baobabs lancé l’année dernière à l’ouest de Madagascar affiche déjà des résultats très prometteurs, observés par satellite.

Des résultats encourageants. La société mondiale pour la préservation des baobabs et des mangroves, ou Global Society for the Preservation of Baobabs and Mangroves (GSPBM), a lancé en début d’année dernière une mission visant à rajeunir les populations de baobabs endémiques de Madagascar. Symboles de la Grande île, ces arbres géants sont aujourd’hui menacés par la déforestation et le changement climatique. La GSPBM s’est associée à EOS Data Analytics, fournisseur mondial d’analyses d’imagerie satellitaire, pour étudier les effets de la transplantation de semis. Bonne nouvelle : celle-ci montre un impact positif en seulement quelques mois.

La société a utilisé sa plateforme de surveillance des cultures afin d’étudier la forêt de baobabs d’Andranopasy, sur le littoral ouest. Depuis février 2023, le NVDI (Normalized Difference Vegetation Index), un indicateur crucial de la santé des plantes et des arbres, est resté constamment plus élevé que les années précédentes. La transplantation de semis de baobabs a en effet montré des améliorations significatives de la végétation, devenue plus saine et plus dense, et des indices d’humidité. « Ce changement est particulièrement remarquable car il s’est produit dans les mois qui ont suivi la transplantation des semis de baobab. Une amélioration aussi rapide suggère que le sol de la région est sain et que les semis prospèrent et contribuent à la récupération de l’ensemble de l’écosystème, a souligné Vasyl Cherlinka, spécialiste des sols chez EOS Data Analytics, dans une interview accordée à Down to Earth. Leur capacité à créer un microclimat qui soutient la croissance d’autres espèces végétales pourrait accélérer les effets positifs sur la biodiversité locale. »

Les effets du changement climatique

Le changement climatique est l’une des principales menaces qui pèsent sur les baobabs de Madagascar. D’abord, il altère les précipitations. Or, les semis se montrent particulièrement vulnérables au manque de pluie. Celui-ci nuit à leur croissance et altère la capacité de l’arbre à prospérer et se reproduire. Aussi, le changement climatique accentue la fragmentation des forêts : les habitats deviennent plus isolés, ce qui perturbe l’équilibre écologique des écosystèmes. En conséquence, les animaux disperseurs se raréfient et les graines de baobab sont moins bien réparties dans des habitats appropriés à la germination et à la croissance. L’augmentation de la sécheresse ajoutée à cette fragmentation forestière accroit le risque d’incendie, autre grande menace pour les forêts de baobabs.

Riche en vitamine C, le fruit du baobab est source de nombreux micronutriments et antioxydants. © Jorge Hernandez Perez

La conservation de ces arbres à Madagascar est un enjeu particulièrement fort. Ils sont notamment essentiels au stockage de l’eau dans des environnements arides. Cette capacité leur permet de soutenir une vaste biodiversité, allant des micro-organismes jusqu’aux mammifères les plus grands. Leurs fruits et graines sont également très nutritifs et sont aujourd’hui encore largement utilisés pour l’alimentation ou dans la médecine traditionnelle. « La demande de produits du baobab sur le marché international offre aux communautés locales des possibilités de s’engager dans des pratiques de récolte durables qui peuvent soutenir les moyens de subsistance tout en assurant la conservation de ces arbres, relève cette fois Seheno Andriantsaralaza, présidente de la GSPBM. Engager les communautés locales dans la conservation des baobabs implique de démontrer à la fois les avantages économiques immédiats et les valeurs écologiques et culturelles à long terme de ces arbres. »

En ce sens, le projet ARO, porté par la société mondiale pour la préservation des baobabs et des mangroves encourage les communautés locales à protéger les baobabs en leur montrant comment ces arbres peuvent fournir une source de revenus pérenne. Une telle approche permet de valoriser le commerce équitable et durable des fruits, plutôt que les gains immédiats mais à court terme issus de l’abattage des arbres. Le projet s’accompagne d’un volet éducatif consacré à l’importance écologique des baobabs de Madagascar, qui en compte sept espèces, dont six endémiques. Les communautés locales participent ainsi activement aux efforts de conservation via des pépinières pilotes et des actions de reboisement.

Un arbre originaire de Madagascar

Au total, huit espèces de baobabs sont recensées dans le monde. Madagascar en abrite sept, dont six endémiques. Les autres représentants du genre Adansonia sont présents dans toute l’Afrique ainsi qu’au nord-ouest de l’Australie. La science n’avait encore jamais réussi à définir avec certitude leur lieu d’origine… Du moins, jusqu’à la parution d’une nouvelle étude publiée dans la revue Nature.

Selon l’équipe dirigée par des chercheurs du jardin botanique de Wuhan, en Chine, la lignée des baobabs serait apparue il y a près de 41 millions d’année, avant de se diversifier par hybridation. Selon les scientifiques, la souche initiale proviendrait bel et bien de Madagascar. Deux espèces auraient ensuite migré respectivement vers l’Afrique et l’Australie, où leurs structures florales se sont adaptées aux différents pollinisateurs. Sur la Grande île, cette fonction est principalement assurée par les lémuriens et les papillons, tandis qu’en Afrique, il s’agit davantage des chauves-souris.

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