Changement climatique
L’océan Indien surchauffe

27 septembre 2023
Notre maison brûle. Depuis plusieurs mois, l’ensemble des océans connaissent des températures hors-normes. Une surchauffe due à des aléas climatiques… mais pas seulement.
La communauté scientifique tire la sonnette d’alarme : depuis le mois de mars, l’ensemble des océans de la planète sont en surchauffe. Pire, leur température atteignent même des niveaux inégalés en 40 ans de surveillance satellitaire. A titre d’exemple, la mer du Japon affiche 4°C de plus par rapport à la moyenne, pointe une récente étude menée par Annalisa Bracco, professeure en dynamiques océanique et climatique à l’Institut de technologie de Géorgie.
Dans l’océan Indien, El Niño, phénomène météorologique cyclique, a fait grimper la température des eaux. Or, plusieurs études suggèrent que les tempêtes peuvent gagner en intensité sous l’effet de la chaleur de l’eau. En témoigne, peut-être, l’intense cyclone qui s’est formé plus tôt dans l’année en mer d’Arabie. Conséquence : les précipitations dûes à la mousson indienne, entre avril et mai derniers, ont été bien moins fortes qu’attendues, impactant certaines cultures en Asie du Sud et en Inde. Malheureusement, la tendance n’ira pas en s’arrangeant : selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), les vagues de chaleur marines en cours pourraient toucher 50 % des océans du globe d’ici le mois d’octobre.
60 % des écosystèmes marins déjà dégradés
Mais lorsque l’océan surchauffe, le phénomène peut durer plusieurs mois… voire des années. Pire, il est largement amplifié par le réchauffement climatique. En d’autres termes, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, dont l’activité humaine est grandement responsable, accélèrera inévitablement la hausse des températures océaniques. Celle-ci peut provoquer « des effets en cascade sans précédent », s’inquiète l’ONU : fonte des glaces, élévation du niveau de la mer, acidifications des océans… De quoi augmenter le risque d’appauvrissement de la biodiversité marine et côtière de façon irréversible.
« Plus de la moitié des espèces marines pourraient être au bord de l’extinction d’ici 2100 », s’inquiètent encore les Nations Unies. « Avec une hausse actuelle de température de 1,1 °C, on estime que 60 % des écosystèmes marins de la planète ont déjà été dégradés ou qu’ils sont utilisés de façon non durable. Un réchauffement de 1,5 °C menace de détruire 70 % à 90 % des récifs coralliens, et une hausse de 2 °C entraînerait la disparition de presque 100 % des récifs – on atteindrait alors un point de non-retour. » Un constat sans appel, alors même que l’océan constitue le principal puit de carbone de la planète.
Photo à la Une : © Climate Reanalyzer
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