Conservation
De nouvelles zones clés pour la biodiversité reconnues à Madagascar

11 janvier 2026
Les zones clés pour la biodiversité délilmitent des zones d’une importance mondiale en termes de conservation du vivant.
La Grande Île franchit une nouvelle étape significative dans la reconnaissance et la protection de la biodiversité. Le ministère de l’Environnement et du développement durable a récemment annoncé la reconnaissance de quatre nouvelles zones clés pour la biodiversité (ZCB) : Tandavandriva, à Nosy Be ; la baie d’Antongil dans l’Analanjirofo ; les zones humides Mahavavy-Kinkony dans la région de Boeny et l’aire marine et terrestre protégée de Sorkay, à Sainte-Marie.
Dans le courant de l’année 2025, le gouvernement de Madagascar avait déjà annoncé qu’un autre site, celui de Tendro Atsimon’ny Nosy (dit Grand Sud), allait lui aussi bénéficier de cette reconnaissance en raison de son rôle d’aire d’agrégation essentielle pour la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui y trouve des conditions favorables à la reproduction. Avec une superficie totale d’environ 17 000 kilomètres carrés, la zone est ainsi devenue la plus vaste ZCB du pays, qui en compte aujourd’hui plus de 200.
Des critères standardisés
Les zones clés pour la biodiversité ne confèrent pas un statut juridique de protection à proprement parler. Elles offrent néanmoins une reconnaissance scientifique internationale, pouvant servir de leviers d’action ou de financement en faveur de la conservation du vivant dans la zone. Cette désignation est établie selon une liste de critères définis par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en 2016 :
- Biodiversité menacée : persistance mondiale d’espèces ou de types d’écosystèmes menacées ;
- Biodiversité géographiquement restreinte : persistance mondiale d’espèces géographiquement restreintes individuelles, d’espèces géographiquement restreintes co-existantes, d’assemblages géographiquement restreints ou de types d’écosystèmes géographiquement restreints ;
- Intégrité écologique : persistance mondiale de communautés écologiques entièrement intactes en soutenant des processus écologiques à grande échelle ;
- Processus biologique : persistance globale des agrégations démographiques, des refuges écologiques ou des sources de recrutement ;
- Irremplaçabilité très élevée : persistance mondiale de la biodiversité, telle que déterminée par une analyse quantitative basée sur la complémentarité.
Un projet plus large
La reconnaissance de ces nouvelles zones clés pour la biodiversité à Madagascar s’inscrit dans le cadre du projet GEF6-AMP, qui vise à augmenter la superficie des aires marines protégées du pays à au moins un million d’hectares d’ici 2026. Cette initiative fait suite à l’engagement des autorités malgaches lors du Congrès mondial des parcs de Sydney en 2014 de tripler la superficie des aires marines protégées (AMP).
Pour atteindre ces objectifs, le projet s’articule autour de quatre axes principaux. Tout d’abord, il prévoit l’extension des AMP en se basant sur les ZCB et les Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zones (AMCE), également connues sous le nom d’Other Effective Area-Based Conservation Measures (OECM). Cette stratégie assure une couverture adéquate des zones essentielles à la conservation marine. Le projet bénéficie du soutien financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), en collaboration avec WWF et la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM).
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