Ornithologie
Vaza des Seychelles : une saison précoce, entre espoirs et contraintes

30 janvier 2026
Par : La rédaction
Après une saison remarquable l’année dernière, la période de reproduction du perroquet endémique a démarré en demi-teinte.
La saison de reproduction du vaza des Seychelles (Coracopsis barklyi) touche à sa fin et les premières données de suivi dressent le portrait d’une période à la fois dynamique et contrastée. Sur le terrain, les observations s’enchaînent, révélant une activité reproductrice précoce, mais aussi une série d’obstacles qui pourraient peser sur le succès global de la saison, alerte la Seychelles Island Foundation (SIF). Fin 2025, dès les premières semaines de la saison, des signes encourageants ont été relevés. Plusieurs individus se sont engagés dans des tentatives de reproduction, confirmant une entrée en saison rapide pour cette espèce endémique de perroquet. Ce démarrage précoce offre des perspectives intéressantes, tout en exposant déjà les fragilités auxquelles le vaza des Seychelles reste confronté.
Parmi les enseignements marquants de ce suivi, les trajectoires individuelles apportent un éclairage précieux. Deux des plus anciennes femelles reproductrices connues — baguées à l’âge adulte en 2010 et 2012 — ont de nouveau tenté de se reproduire. L’une d’elles atteint ainsi au moins 18 ans tout en restant active sur le plan reproductif, un indicateur notable de longévité et de résilience. À l’autre extrémité du spectre, une femelle baguée au stade de poussin en 2023 a tenté de se reproduire à seulement deux ans et neuf mois, établissant un record de précocité pour l’espèce.
Plusieurs tentatives échouées
Cependant, ces dynamiques positives s’accompagnent de pertes déjà significatives. Plusieurs tentatives de nidification ont échoué. Des œufs pondus par des femelles expérimentées n’ont pas éclos avant d’être consommés par des rats. Une autre femelle a perdu deux poussins durant la phase de couvaison. Par ailleurs, au moins deux nids ont connu des disparitions d’œufs inexpliquées, probablement liées à la prédation par des espèces invasives. Ces événements rappellent le rôle déterminant des pressions extérieures dans la réussite reproductive du vaza des Seychelles. La prédation, en particulier, continue d’affecter directement le recrutement de nouveaux individus, freinant les efforts de restauration de la population.
Dans ce contexte, le suivi de terrain apparaît plus que jamais indispensable. Il permet non seulement de documenter finement le succès reproducteur, mais aussi d’identifier les facteurs limitants et d’adapter les stratégies de conservation. Saison après saison, les données collectées viennent enrichir la compréhension de l’espèce et soutenir les actions mises en œuvre pour assurer sa pérennité. Ces observations constituent une base essentielle pour évaluer l’évolution de la population et orienter les mesures de gestion à venir.