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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Faune sous-marine

Un projet d’élevage de concombres de mer voit le jour dans l’océan Indien

19 mars 2025

Par : La rédaction

Alliés discrets de la biodiversité, les concombres de mer connaissent un lourd déclin depuis plusieurs années. Pour l’enrayer, une initiative inédite émerge dans la région : la création d’un élevage visant à produire des semences avant de réintroduire les animaux dans leur milieu naturel.

Ils sont, en quelques sortes, les vers de terre des écosystèmes marins. En filtrant les déchets organiques dont ils se nourrissent (cadavres et excréments notamment) à la façon d’un petit aspirateur, les concombres de mer jouent un rôle clé dans la décomposition et la redistribution des nutriments. Ces animaux invertébrés, méconnus et parfois malaimés, sont donc indispensables au maintien de la biodiversité marine.

Pourtant, les populations de concombres de mer dans le sud-ouest de l’océan Indien ont connu un déclin significatif ces dernières années, principalement en raison de la pollution, de l’augmentation de la charge organique dans l’eau et de la surexploitation liée à la forte demande sur les marchés asiatiques. La diminution des populations d’autres animaux marins incite par ailleurs les pêcheurs à se tourner davantage vers la capture, plus facile, des concombres de mer. A Madagascar par exemple, la pression est telle que l’endémique Holothuria scabra, parmi les espèces les plus recherchées et les plus rares, est considérée en danger d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN. Aux Seychelles , les captures de concombres de mer ont atteint un pic en 2012, conduisant à l’introduction de quotas pour préserver les stocks.

Face à cette situation alarmante à l’échelle de la région, l’île Maurice a décidé, en 2010, d’interdire la collecte des concombres de mer jusqu’en 2016. Plus récemment, à la fin 2023, un moratoire de six ans a été mis en place pour favoriser la reproduction et la croissance des juvéniles jusqu’à leur maturité. Désormais, seule la pêche semi-industrielle est autorisée et doit se limiter aux zones situées au-delà des 15 milles nautiques, contre 12 milles auparavant, et ce jusqu’en 2029.

Parallèlement, le gouvernement mauricien et l’Université de Sunshine Coast en Australie, ont signé un protocole d’accord sur la recherche et la formation liées à un projet d’élevage de concombres de mer. Le lancement de l’écloserie est prévu cette année. L’objectif du dispositif est de recréer des conditions naturelles en milieu contrôlé pour repeupler le lagon mauricien à travers la production de semence. Les concombres de mer ainsi élevés en laboratoire seront ensuite réintroduits dans leur habitat naturel. Récemment, la Commission mixte Maurice/Seychelles du plateau continental étendu a lancé un appel aux opérateurs qualifiés pour entreprendre une récolte exploratoire durable de concombres de mer dans la zone de gestion conjointe pour une période échelonnée initiale d’un an.

 

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