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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Conservation

Aux Seychelles, restaurer les forêts de l’île aux palmiers

17 juin 2026

Par : Solène Peillard (redaction@revue-gecko.com) et Sharon Meriton (trass.seychelles@gmail.com) // Illustrations : © TRASS

Deuxième île de l’archipel seychellois, Praslin voit sa forêt primaire reculer depuis des siècles. Pour enrayer ce déclin, l’association TRASS s’est donné pour mission de restaurer ces écosystèmes en réintroduisant des espèces autochtones et en luttant contre les invasives.

Sur une île de moins de 4 000 hectares, Praslin a enregistré 62 incendies de forêt entre 1778 et 2008. En un peu plus de deux siècles, ces feux, majoritairement d’origine humaine et souvent déclenchés par des nettoyages de parcelles privées mal maîtrisés, ont ravagé jusqu’à 45 % de certains versants. Ces bouleversements favorisent la colonisation des milieux dégradés par les espèces exotiques envahissantes, qui dominent aujourd’hui une grande partie de la forêt secondaire de l’île. 

« C’est à cause d’elles qu’au premier coup d’œil, nos forêts ressemblent à un paradis verdoyant », souligne Sharon Meriton, responsable de la sensibilisation au sein de l’association TRASS. L’ONG praslinoise tente de restaurer cette biodiversité lourdement menacée ou, à défaut, d’accompagner la transformation de ces écosystèmes en milieux plus fonctionnels.

Depuis sa création en 2009, TRASS a déjà permis de réhabiliter une centaine d’hectares de forêt, en particulier dans les bassins versants, les zones érodées et les milieux humides. Sur les pentes dégradées de Praslin, l’association commence systématiquement par arracher les espèces exotiques envahissantes, qui prospèrent particulièrement dans les environnements perturbés.

Une biodiversité en sursis

Très compétitives sur les sols mis à nu par les incendies, appauvris en nutriments et fragilisés par l’érosion, elles colonisent rapidement l’espace, là où les espèces indigènes peinent à survivre et nécessitent davantage de temps pour se régénérer. « Leur progression menace directement la flore locale : sans intervention, nous risquons de perdre des espèces déjà connues, mais aussi d’autres encore non identifiées, qui pourraient disparaître avant même d’avoir été découvertes », alerte Sharon Meriton.

La préservation des espèces natives et endémiques constitue un autre pilier des actions déployées par TRASS. L’ONG en cultive plusieurs en pépinière avant de les réintroduire en milieu naturel. Elle travaille pour cela en collaboration avec des scientifiques afin de favoriser le retour d’espèces menacées. 

Parmi elles figure l’emblématique bois méduse (Medusagyne oppositifolia), classé en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Décrit pour la première fois en 1881, l’arbre a ensuite été considéré comme éteint entre 1903 et 1970.

 « Cela nous permet aussi de montrer à Mahé (la plus grande île des Seychelles, devant Praslin, ndlr) que ce type de projet peut être mené avec succès sur le long terme », se réjouit l’équipe de TRASS. À ce jour, l’association est la seule du pays à se consacrer à la restauration forestière.

 


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  • La forte mobilisation de la population locale ; 
  • Les bienfaits de l’agroforesterie sur les sols dégradés ; 
  • Le « coco-fesse », symbole de Praslin.

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