Conservation
Seychelles : le nombre de cocos de mer en hausse à Praslin

02 juillet 2024
Avec une aire de répartition très réduite et un statut de protection accru, le coco de mer n’est présent qu’aux Seychelles. Mais l’évolution de sa population offre des signes encourageants.
Bonne nouvelle pour l’archipel des Seychelles ! Le dernier recensement des cocos de mer (Lodoicea callipyge) sur l’île de Praslin, deuxième île la plus peuplée, montre « une population stable et croissante » s’est récemment félicitée la Seychelles Islands Foundation (SIF). Malgré une longévité pouvant atteindre jusqu’à 350 ans, la plante est classée « En danger d’extinction » sur la Liste rouge de l’UICN. Feux de forêt, braconnage – la noix, par ailleurs la plus grande du monde, pouvant se revendre à plusieurs centaines d’euros -, invasion d’espèces exotiques envahissantes, changement climatique… Les menaces sont telles qu’en seulement trois générations, la population de cocos de mer, également appelé coco-fesse, a diminué de près de 30 %. Désormais, environ 10 000 individus vivent à travers le monde, sur une superficie de moins de 20 kilomètres carrés, répartie sur les seules îles de Praslin et Curieuse, sa voisine.

L’enquête réalisée s’est concentrée sur trois zones : la Vallée de Mai ; Fond Ferdinent et Fond Peper, toutes trois gérées par la SIF. L’ensemble de ces régions, qui abritent à elles seules environ 55 % de la population mondiale de cocos de mer, affichent des résultats « très encourageants ». Le coco-fesse est une plante dïoque, ou unisexuée : les organes reproducteurs mâles et femelles sont situés sur des plants bien distincts. Ils doivent donc pousser à proximité l’un de l’autre pour que la pollinisation ait lieu. Or, du fait de l’immobilité des plantes, le processus peut parfois être rendu difficile. « Nous avons constaté qu’il y a tendance à avoir plus d’arbres mâles de l’espèce que de femelles », a commenté Annabelle Constance, coordinatrice scientifique de la Seychelles Islands Foundation. Un heureux constat, puisqu’une seule femelle peut être pollinisée par plusieurs mâles. En d’autres termes, l’espèce a plus de chance de prospérer si ceux-ci sont majoritaires.
La Vallée de Mai, jardin d’Eden du coco de mer

Zone la plus dense des trois localités étudiées, la Vallée de Mai compte 800 arbres femelles, 966 mâles et 629 immatures, dont le sexe ne peut pas encore être déterminé. Au total, près de 5 800 arbres ont été recensés dans les trois régions, avec des différences de densité significatives : Fond Ferdinand affiche 45 arbres par hectare, contre 15 pour Fond Peper et 123 dans la Vallée de Mai, « ce qui est très impressionnant », estime la SIF. La forêt de palmiers de la Vallée de Mai est souvent appelée « Jardin d’Eden ». Elle abrite, au sein de l’archipel des Seychelles, la plus grande forêt primaire de cocotiers endémiques.
Cette pittoresque étendue est largement restée inchangée depuis la préhistoire, ce qui offre un aperçu de ce à quoi les régions tropicales auraient pu ressembler avant l’émergence d’espèces végétales plus récentes. La Vallée de Mai a été désignée site du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1983 en tant qu’exemple de forêt de palmiers de basse et moyenne altitude d’importance mondiale. Le site remplit les quatre critères du patrimoine mondial : beauté naturelle ; signification géologique et évolutionnaire ; processus biologiques en cours et diversité biologique et enfin espèces menacées pour les propriétés naturelles, ce qui est exceptionnel. La forêt de palmiers est un refuge pour des populations viables de nombreuses espèces endémiques et menacées comme le Perroquet noir des Seychelles (Coracopsis nigra), un symbole national. Cet oiseau est limité à l’île de Praslin, où il dépend de la forêt mature de cocos de mer pour sa survie, puisque les troncs de cocotiers morts accueillent les nids.
>> Découvrez en plus sur la richesse biologique de Praslin et de la Vallée de Mai dans le deuxième numéro de la revue Gecko.