Faune sous-marine
Pêche au poulpe : le repos biologique fait ses preuves aux Comores

24 février 2026
Dans le village de Nyumashiwa, le début du ramadan marque la fin de la suspension de la pêche au poulpe, annoncée pour permettre aux écosystèmes de se régénérer. Les bénéfices de l’opération sont déjà visibles, comme en attestent les pêcheurs.
La mesure avait été prise afin de reconstituer les ressources marines. Après trois mois de repos biologique du platier de Nyumashiwa, au sud de Mohéli, la pêche au poulpe a officiellement repris dans le village éponyme, situé dans la région de Mledjele. Le dispositif, lancé par le Parc national de Mwali en collaboration avec l’association locale Wandzani wazimbwedza (« Les amis des poulpes »), s’inscrit dans le cadre de l’investissement du Fond de partenariat pour les écosystèmes critiques(CEPF) soutenu par l’équipe régionale de mise en oeuvre, composée de l’IUCN NL, SAF/FJKM (Madagascar), ID-ONG (Comores), FORENA (Maurice) et SeyCCAT (Seychelles), pour mettre en oeuvre une stratégie de conservation de cinq ans pour le hotspot de biodiversité de Madagascar et des îles de l’océan Indien (MADIO). Les résultats de l’opération sont sans appel : en deux jours, 1,5 tonne de poulpes a été récoltée sur une superficie de 200 hectares, pour un poids moyen de 1,2 kilogramme par animal.
Des bénéfices pour tout l’écosystème
À l’issue de cette trêve, les pêcheurs du village de Nyumashiwa constatent une augmentation du nombre de poulpes, ainsi que du retour de certaines espèces, qui avaient disparu par le passé sous l’effet des pressions humaines. Parmi elles, les vivaneaux et les carangues, connus localement sous les noms de Ndziashe et Nkawa. « Cela nous donne de l’espoir, car désormais, avec une seule sortie en mer, on attrape autant de poulpes de bonne qualité qu’auparavant », applaudit Toildine Issoufi, pêcheur interrogé par le journal comorien Al-watwan. La période de repos biologique correspondait au pic de reproduction des poulpes. La mesure visait donc à favoriser la régénération des populations, mais aussi la croissance des coraux et des herbiers marins, des habitats essentiels pour les juvéniles.
Photo : © Camille Lecat – Office français de la biodiversité
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