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Changement climatique

Où en est la ressource en eau à La Réunion ?

01 octobre 2025

Par : La rédaction

L’office de l’eau Réunion fait état d’une baisse de débit dans tous les cours d’eau de l’île à l’issue de la dernière saison des pluies. Quelques mois plus tard, cette tendance semble se confirmer.

Puisque chaque goutte compte, l’Office de l’eau Réunion publie deux fois par mois un bulletin météo sur l’état de la ressource sur l’île Intense. Sur la deuxième quinzaine de septembre 2025, les débits étaient en baisse sur tout le territoire. L’état quantitatif reste fortement déficitaire à la Rivière Saint-Denis, à la Rivière du Mât et à la Rivière des Marsouins. Dans l’Est, la situation se dégrade au Bras des Lianes qui affiche un débit déficitaire pour la période. Dans les hauts de l’Ouest, l’état de la Source Dussac au Tévelave reste excédentaire, malgré une tendance à la baisse du débit.

La situation des nappes est hétérogène. La nappe du Gol à Saint-Louis conserve un état quantitatif excédentaire avec des niveaux qui stagnent. Les niveaux piézométriques (correspondants à la côte) sont conformes à la normale à Saint-André, Sainte-Marie, Saint-Paul, Saint-Pierre et à la Plaine des Palmistes. Enfin, l’état quantitatif reste déficitaire à Sainte-Suzanne, malgré une légère hausse et fortement déficitaire dans les nappes du Port avec des niveaux qui stagnent. Face à ces constat, le comité de sécheresse, qui s’est réuni le 24 septembre, attire la vigilance pour des consommations raisonnées au regard des niveaux de la ressource en eau en cette période.

Une pluviométrie défavorable

Plus globalement, la dernière saison des pluies s’est soldée par un déficit global de 28 %, malgré le passage du cyclone Garance en début d’année 2025, estime l’Office de l’eau Réunion, dans sa nouvelle chronique thématique. Ce déficit pluviométrique impacte fortement les cours d’eau de l’île qui affichent une baisse des débits comparés à 2024. Sept cours d’eau ont enregistré leurs débits les plus faibles pour une saison des pluies. Les déficits sont également observés sur les ressources en eau souterraine qui indiquent une baisse des niveaux comparés à 2024. 14 stations de mesure sur 28 affichent un état déficitaire ou fortement déficitaire, contre aucune en 2024.

Dans les secteurs Nord, Est et des Plaines, les déficits sont consécutifs à une pluviométrie défavorable sur les bassins versants concernés, en particulier aux mois de décembre 2024 (3ème mois de décembre le plus sec sur 53 ans) et janvier 2025 (mois de janvier le plus sec sur 54 ans). Avec un déficit global de 74 %, décembre 2024 et janvier 2025 constituent la période de 2 mois la plus déficitaire sur 54 années d’observation.

Les débits les plus faibles enregistrés pour une saison des pluies sont observés dans 7 cours d’eau: la Rivière des Marsouins, la Rivière du Mât, la Rivière Sainte-Suzanne, la Rivière Saint-Jean, la Rivière des Galets, le Bras Panon et le Bras Noir à la Plaine des Palmistes. Une dégradation de l’état quantitatif s’observe sur la station Bras Panon où le minimum saisonnier interannuel a été successivement atteint en saison sèche 2024 puis en saison des pluies 2025.

La saison des pluies 2025 se caractérise par des crues importantes, notamment au passage du cyclone Garance le 28 février dernier. Sur sept cours d’eau, les valeurs de crues sont les plus fortes observées depuis le début des mesures : la Rivière Saint-Denis, la Rivière Sainte-Suzanne, la Grande et la Petite Rivière Saint-Jean, le Bras Noir à la Plaine des Palmistes, la Ravine Saint-Gilles, la Ravine Bernica et la Source Dussac au Tévelave.

 

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