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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Aire marine protégée

Océan Indien : Vers un renforcement des aires marines gérées localement dans la région

16 septembre 2024

Par : La rédaction

Madagascar sera le théâtre de plusieurs rencontres consacrées aux aires marines gérées localement. A l’initiative du réseau MIHARI, ces rendez-vous visent à encourager le partage de connaissance et la mise en réseau pour envisager l’avenir à l’échelle de tous les pays du sud-ouest de l’océan Indien.

La conservation marine en Afrique et dans la région de l’océan Indien occidental est d’une importance capitale en raison de la riche biodiversité et des services écosystémiques vitaux fournis par leurs ressources. Cependant, la situation locale de la conservation marine présente des défis majeurs. Malgré les engagements envers des conventions internationales telles que la Convention sur la diversité biologique et la Convention de Nairobi, la région s’efforce toujours d’atteindre ses objectifs de conservation, notamment l’expansion des zones protégées et conservées et leur gouvernance et gestion efficaces.

Pour relever ces défis, la gestion des zones basée sur les peuples autochtones et les communautés locales est une solution prometteuse si celles-ci sont placées au premier plan de la conservation.  Dans le sud-ouest de l’océan Indien, les aires marines gérées localement (LMMA) représentent l’un des modèles les plus adaptés et pérennes, tant d’un point de vue environnemental, qu’économique, culturel et social. En effet, cette approche intègre des connaissances traditionnelles, favorise l’autonomisation et assure une méthode de préservation plus inclusive et respectueuse des écosystèmes. 

Gérées par les communautés côtières, les LMMA  jouent un rôle crucial dans le changement des comportements des petits pêcheurs. Elles les encouragent à une prise en compte accrue de la biodiversité, de la santé de l’écosystème et de leur capacité à maintenir la fourniture de biens et de services, notamment à travers le maintien des pêcheries. Cette approche est largement reconnue et scientifiquement validée comme efficace, mais elle n’a pas encore été adoptée et comprise de manière exhaustive dans les pays de la zone. 

Un réseau déjà solide

Le nombre de LMMA dans la région a néanmoins connu une augmentation rapide, permettant aux communautés côtières de collaborer avec les gouvernements et d’autres acteurs pour protéger écosystèmes et ressources. Plusieurs pays ont adopté des systèmes de gestion communautaire similaires sous différents noms, reflétant la diversité des approches adaptées aux contextes locaux et mettant en lumière le besoin d’uniformiser ce réseau. 

Dans le sud-ouest de l’océan Indien, Madagascar s’est imposée comme l’un des pionniers dans la création d’aires marines gérées localement. Le pays compte aujourd’hui plus de 280 LMMA, regroupées au sein du réseau MIHARI. Elles couvrent à elles seules plus de 17 % de la zone marine côtière de la Grande Île. 

Le réseau MIHARI organise un forum national qui rassemble plus de 300 praticiens issus des aires marines gérées localement de tout Madagascar. Organisé du 22 au 26 septembre à Majunga, l’évènement sera l’occasion de partager retours d’expériences et bonnes pratiques, d’encourager la mise en réseau, d’envisager collectivement les défis à relever. 

Profitant de cet élan, l’UICN, engagé dans des projets de protection des zones habilitées localement et de reconnaissance légale des LMMA, organise un autre forum d’échange dédié à la connaissance des ires marines gérées localement de l’océan Indien occidental. Il se tiendra  à son tour du 26 au 29 septembre, en partenariat avec le réseau MIHARI, le WIOMSA, les associations CORDIO, WWF et le Comité mixte de conservation de la nature (JNCC). 

Cet événement permettra à 30 gestionnaires et praticiens des LMMA de la région (Kenya, Tanzanie, Mozambique, Madagascar, Comores, Seychelles et Afrique du Sud) de partager des connaissances. Il favorisera la collaboration régionale et renforcera la capacité collective pour une conservation marine locale. C’est une occasion précieuse pour échanger et apprendre ensemble.

Les résultats attendus incluent : l’identification des opportunités et besoins des LMMA dans la région ; la documentation et l’analyse pratique des initiatives portées par les aires locales ; la finalisation d’un projet de déclaration visant à soutenir la reconnaissance légale au niveau national ; la formalisation d’un groupe de travail dédié ; l’établissement d’une coalition pour soutenir la création, l’expansion, le renforcement des capacités et le partage des connaissances des LMMA dans l’océan Indien occidental et la production d’une feuille de route à l’échelle de la zone pour mieux aligner et coordonner le soutien aux LMMA.

 

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