Faune sous-marine
Observation des cétacés à La Réunion : participez au projet d’arrêté préfectoral

15 mai 2025
La préfecture de La Réunion lance une consultation sur un projet d’arrêté visant à renforcer la réglementation des activités nautiques autour des cétacés. Les citoyens sont invités à donner leur avis avant la fin du mois.
La promesse formulée l’année dernière par la préfecture de La Réunion semble être tenue. En 2024, les autorités locales avaient annoncé vouloir encadrer plus strictement la réglementation relative à l’approche et à l’observation des cétacés sur l’île Intense. De quoi préserver la tranquillité des mammifères marins, parmi lesquels, les baleines à bosse, sont particulièrement nombreuses de juin à octobre. C’est à cette période que les mères viennent mettre bas, profitant des eaux chaudes et peu profondes de La Réunion.
Un tel renforcement du cadre légal vise aussi à prévenir de potentiels conflits d’usage (transporteurs de passagers, professionnels de la plongée, plaisanciers, etc.), avec une attention particulière en matière de sécurité maritime. Aujourd’hui, cinq bateaux à la fois sont autorisés autour des animaux pour ne pas trop les déranger. Problème : dès qu’une embarcation s’éloigne, une autre prend souvent le relais. Les opérateurs nautiques proposant ce genre d’excursion sont d’ailleurs de plus en plus nombreux : contre deux en 2003, ils étaient une soixantaine en 2023, estime la préfecture.
Alors, après plusieurs séquences de concertation, le projet « d’arrêté préfectoral portant réglementation des activités nautiques à proximité des cétacés dans les eaux territoriales de La Réunion » vient d’être mis en ligne par les services de l’Etat pour consultation du public. Particuliers, entreprises, associations, collectivités et autres sont invités à faire part de leurs observations via le formulaire en ligne dédié jusqu’au 27 mai inclus. Les observations déposées seront prises en considération préalablement à la prise de l’arrêté par le préfet de La Réunion et une synthèse des observations du public ainsi que les motifs de la décision seront rendus publics sur le site Internet des services de l’État à La Réunion pendant une durée de trois mois à compter de la publication de l’arrêté préfectoral.
Trois espèces de cétacés particulièrement vulnérables
En tant qu’association agréée de protection de l’environnement dédiée à l’étude et à la protection des cétacés, l’avis scientifique de Globice a pu être exprimé dans le cadre de ce processus de concertation, au même titre que celui des professionnels et des organisations concernées par l’observation des cétacés. Le rôle de l’ONG a particulièrement consisté à verser au débat les données scientifiques dont elle dispose et les résultats des dernières études disponibles sur la question de l’impact du whale-watching.
Dans le contexte du développement croissant de cette activité à La Réunion, Globice a focalisé ses propositions sur le respect des besoins physiologiques des trois espèces de cétacés particulièrement vulnérables au dérangement lié aux activités humaines :
- En ce qui concerne les baleines à bosse, Globice considère indispensable de veiller à assurer en priorité la quiétude des mères allaitantes, de limiter les dérangements répétés sur ces individus afin de respecter leur temps de repos et les phases d’allaitement du baleineau ;
- Pour le dauphin long-bec à l’habitat très restreint sur la côte ouest, Globice considère qu’il est absolument nécessaire de veiller à assurer la préservation de leur phase de repos le matin ;
- Enfin pour ce qui a trait au grand dauphin de l’Indo-Pacifique, espèce en danger à La Réunion, Globice considère qu’il est impératif de limiter la sur-sollicitation de cette espèce, en baie de Saint-Paul notamment où elle est particulièrement présente.
« Nous continuerons à porter ces exigences de conservation auprès des autorités publiques afin de permettre le développement d’une activité véritablement responsable et respectueuse », assure l’association.
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