Faune sous-marine
Mayotte : une condamnation inédite contre le braconnage

20 mars 2025
Ancien protecteur des tortues marines pour le compte du Département, un braconnier multi-récidiviste vient d’être condamné à une peine sans précédent, saluée par les défenseurs locaux de l’environnement.
Cinq ans de prison dont quatre ans ferme et l’interdiction de paraître sur toutes les plages de Mayotte pendant la durée de son sursis probatoire : jamais un braconnier n’avait écopé d’une peine aussi lourde à l’échelle de l’île. Ce multi-récidiviste n’en était pas à son coup d’essai. Plusieurs fois condamné pour les mêmes motifs en 2017 et 2019, l’homme avait été, à l’origine, garde tortue du Conseil départemental. Véritable spécialiste du braconnage, il opérait en différents points de Mayotte, sur Petite Terre et Grande Terre, où il a été appréhendé par la police environnementale de l’Office français de la biodiversité (OFB).
Les acteurs de la protection de l’environnement à Mayotte estiment que l’homme condamné « n’est probablement pas étranger aux dizaines de carapaces de tortues retrouvées il y a plusieurs mois dans un site discret de la baie de Dapani », au sud-est de l’île. L’enquête, toujours en cours, permettra peut-être d’avérer ou non son implication.
Le train de vie de l’intéressé témoigne de la rentabilité de son activité de braconnage : il reconnaît faire au moins deux voyages par an en France hexagonale, alors que le RSA constitue sa seule source de revenu officiellement déclarée. Les associations pour la protection des tortues de Mayotte, les Naturalistes et Oulanga na Nyamba, seules présentes au procès, se félicitent de cette décision de justice et de l’efficacité de la police environnementale de l’OFB. C’est aussi la justification du Pacte de sauvegarde des tortues initié par la Préfecture en 2021 et mobilisant les forces de police et les deux associations environnementales. « Le braconnage des tortues a subi ce jour un rude coup mais il n’est pas encore éradiqué ; il reste encore à poursuivre et appréhender les consommateurs qui sont les commanditaires de cette activité », ont-elles tenu à rappeler.
Photo en Une : © Solène Peillard (illustration)
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