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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Faune sous-marine

Mayotte : Le dernier dauphin à bosse de France présente des blessures

04 décembre 2025

Par : La rédaction

L’animal présente des lésions depuis l’année dernière, suggérant une potentielle maladie. Le REMMAT appelle les éventuels observateurs à photographier la blessure pour collecter plus d’informations.

L’animal est blessé depuis au moins l’année dernière. © David Lorieux (Ceta’Maore)

Il est le dernier individu de son espèce recensé à Mayotte. Début décembre, le réseau d’échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines (REMMAT) alertait sur l’état de santé du seul dauphin à bosse (Sousa plumbea) de l’île. En cause, des lésions observées depuis plusieurs mois, localisées au niveau du pédoncule caudal droit, soit à la base de la queue. Les blessures pourraient être dues à une maladie de type lobomycose (LLD), une maladie liée à la présence de champignons et transmissible à l’homme. Chez les cétacés, elle peut, à plus ou moins long terme, causer une perte de mobilité.

« On ne peut pas attester qu’il s’agisse d’une lobomycose sans test histologique (à partir d’un prélèvement de tissu ou de cellule, ndlr) », précise David Lorieux, chargé de mission de l’association Ceta’Maore et responsable mammifères marins au sein du REMMAT. Des lésions avaient déjà été observées chez ce même individu dès 2024. L’enjeu est donc, désormais, d’essayer de collecter d’autres photos et informations dans le temps afin de déterminer si la maladie évolue, et comment, ou si elle demeure stable.

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Des cas de lobomycose, maladie souvent liée à la qualité de l’eau, avaient déjà été observés chez des grands dauphins de l’Indo-Pacifique (Tursiops aduncus). Cette espèce ne vit qu’à l’intérieur du lagon, en eaux côtières, à l’instar du dauphin à bosse. « Ils se côtoient et évoluent dans le même milieu, ce qui peut causer une propagation d’une espèce à l’autre », continue David Lorieux.

Dès les années 90, trois dauphins à bosse sont recensés à Mayotte, grâce à l’identification de leur nageoire dorsale. Les données historiques alors disponibles ne permettent malheureusement pas d’évaluer la taille de la population avant les années 90. « Comme c’est une espèce qui n’est pas consommée, on dispose de moins d’informations collectées par les pêcheurs », retrace le biologiste marin. En 2003, ils n’étaient plus que deux individus dans le lagon. Finalement, un seul subsiste aujourd’hui, faisant de lui le dernier dauphin à bosse de France, Mayotte étant le seul territoire du pays où l’espèce évolue. Mais pour combien de temps encore ? « C’est probablement la prochaine espèce qui disparaîtra de l’île », déplore encore David Lorieux.

Si vous observez cet animal blessé :

  • Photographiez la lésion, pour pouvoir suivre son évolution ;
  • Notez toute information utile (date, heure, localisation GPS, comportement et s’il est seul ou accompagné d’un dauphin à long bec et/ou des grands dauphins de l’Indo-Pacifique, etc.) ;
  • Transmettez l’information (remmat976@gmail.com).

Crédit photo : © Eloi Contant (Ceta’Maore)

 


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