Faune sous-marine
Mayotte : deux hommes condamnés pour le braconnage d’une tortue marine

11 juillet 2024
A Mayotte, plusieurs centaines de tortues marines sont braconnées chaque année. En début de mois, deux hommes, dont un récidiviste, ont été condamnés à des peines de prison ferme pour vol et détention d’une espèce protégée.
Des peines « dissuasives » et « exemplaires » saluées par les associations locales de protection de l’environnement. Le 3 juillet, deux hommes ont été jugés en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Mamoudzou (Mayotte) pour détention et destruction d’une tortue marine. Ils ont été condamnés à 18 mois de prison ferme, dont, pour l’un des deux, six avec sursis. « Ces peines montrent que la justice est réactive et ne se contente pas de peines symboliques. Le braconnage est encore très présent à Mayotte ; il faut poursuivre la conjugaison des efforts entre forces de police, justice et associations environnementales patrouillant sur les plages de ponte », ont applaudi les Naturalistes de Mayotte, parmi les trois associations à s’être constituées partie civile.
Les faits ont été constatés deux jours plus tôt, lorsque des gendarmes perquisitionnent un logement du sud de l’île dans le cadre d’une affaire de vol. Mais, sur place, ils découvrent des oeufs, des nageoires et de la viande de tortue dissimulés dans un sac plastique et une glacière, à proximité d’une balance. Les trois individus présents sur les lieux, deux majeurs et un mineur, sont alors interpellés pour vol et détention d’espèce protégée. L’un d’eux reconnait immédiatement avoir dissimulé le reste du cadavre sur une plage non loin, où le corps de la tortue sera bel et bien retrouvé.
L’un des deux hommes majeurs était déjà connu des services de police pour des faits similaires : en avril 2023, il avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour vente de viande de tortue. Le second, quant à lui, a d’abord nié les accusations portées à son encontre, avant de reconnaître avoir participé au braconnage et à l’enfouissement de la carapace. Enfin, l’individu mineur passera devant le juge des enfants en novembre prochain.
« Le procureur envoie un message fort devant l’audience au tribunal : si les peines encourues ne sont pas assez conséquentes, il ne sera pas possible de faire reculer le braconnage à Mayotte, a réagi l’association Oulanga Na Nyamba, elle aussi partie civile. La présente affaire démontre que le risque de récidive est important si les peines ne sont pas dissuasives. » Les deux hommes condamnés devront par ailleurs verser 3 000 euros de préjudice moral et 1 500 euros supplémentaires pour frais de procédure aux trois ONG.
Photo en Une : © Solene Peillard