Faune sous-marine
Madagascar : un requin disparu réapparait 20 ans plus tard

11 juin 2026
Presque introuvable, le requin-chabot à taches bleues vient de refaire surface aux yeux de la science. De nouvelles données viennent finalement bousculer ce que l’on pensait savoir sur une espèce encore mal connue.
Il est passé sous les radars pendant plus d’un siècle. Décrit pour la première fois en 1914, le requin-chabot à taches bleues (Chiloscyllium caerulopunctatum) n’a depuis livré que de très rares indices de son existence. Une seconde observation, en 2006, soit 92 ans plus tard, avait brièvement ravivé l’attention des scientifiques, avant que l’espèce ne disparaisse une nouvelle fois. Mais de nouveaux enregistrements collectés fin 2025 viennent rebattre les cartes. Le requin, endémique de Madagascar, pourrait être bien plus commun qu’estimé jusqu’ici, selon une étude publiée dans la revue Oryx.
Cette « redécouverte » scientifique s’inscrit dans le cadre du projet Lost Sharks. Soutenu par la Save Our Seas Foundation, le dispositif vise à retrouver et documenter des espèces de requins et de raies rares ou présumées disparues. Sur le terrain, des indices émergent pourtant dans des villages de la côte est de Madagascar.
Tsarahasina Fanomenzana, stagiaire au sein du Madagascar Whale Shark Project, y documentait les espèces observées par les pêcheurs lorsqu’il a commencé à partager ses photographies avec les chercheurs. Parmi elles, une image attire rapidement l’attention de l’expert en requins David Ebert : celle du requin-chabot à taches bleues. D’abord anecdotique, la découverte va pourtant déclencher une série de vérifications.
Une série de preuves
En recoupant les témoignages, les photographies et les spécimens conservés dans les collections universitaires, les chercheurs parviennent à confirmer la présence récente de plusieurs individus. Au total, quatre nouveaux enregistrements sont identifiés, dont un spécimen conservé à l’Université de Toliara.
Pour les auteurs de l’étude, ces éléments ne signifient pas nécessairement que l’espèce était en déclin ou disparue, mais plutôt qu’elle a longtemps été mal identifiée. Elle serait ainsi parfois confondue avec d’autres requins cartilagineux, comme le requin-chabot à taches blanches (Chiloscyllium plagiosum) ou de jeunes requins-zèbres (Stegostoma tigrinum).
Le requin à taches bleues, lui, est actuellement classé comme « données insuffisantes » sur la Liste rouge de l’UICN, empêchant l’autorité mondiale de conservation de la faune de déterminer son statut de conservation. Reste à savoir si ces nouvelles données permettront de réexaminer sa classification.
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