Agroforesterie
Madagascar s’inspire d’une technique agroécologique venue du Zimbabwe

27 mars 2024
Pour lutter contre la culture sur brûlis et assurer la sécurité alimentaire d’une large partie du pays, le gouvernement malgache compte développer le Pfumvudza à grande échelle.
Son nom signifie « nouvelle saison ». Au Zimbabwe, la technique agricole Pfumvudza s’inspire de l’agroécologie pour produire de hauts rendements sur de petites surfaces. Mieux, elle vise à limiter au maximum les perturbations ou modifications des sols afin de préserver leur fertilité et réduire la charge de travail des agriculteurs ainsi que l’apport en eau. De quoi faire de l’oeil au gouvernement malgache, qui entend développer cette méthode à l’ensemble du pays.
Mi-mars, le couple présidentiel a visité le site pilote dédié au Pfumvudza situé à Ambatolampy Tsimahafotsy, au centre de la Grande île. Divisé en quatre parcelles, maïs, riz, soja et mucuna – une liane à grappes – y sont cultivés en rotation. Un an après le lancement du projet, les résultats sont déjà prometteurs puisque 375 kilos de riz ont pu être produits sur 624 mètres carrés avec moins de deux kilos de semence, soit une récolte de cinq tonnes par hectare. « Un rendement amplement suffisant pour une famille de six personnes pour une année », selon les techniciens à l’oeuvre sur place.
Andry Rajoelina, président de la République de Madagascar, espère à terme pouvoir étendre le Pfumvudza à grande échelle pour, d’ici deux ans, former un million de ménages vulnérables à cette technique afin de leur offrir une certaine autonomie alimentaire et lutter, par la même, contre la culture sur brûlis, encore largement répandue dans le pays. En trois ans, 3 000 ménages y ont déjà été formés. Une trentaine de représentants d’agriculteurs avaient d’ailleurs fait le voyage jusqu’au Zimbabwe en janvier dernier pour suivre une formation dédiée au Pfumvudza, avant qu’ils n’aient pu former à leur tour les paysans malgaches.
Agroécologie et biodiversité
L’agroécologie est un concept qui remet la biodiversité et les processus écologiques au cœur de l’agriculture. Elle vise à réduire les impacts environnementaux (sur l’eau, les sols, la biodiversité…) tout en répondant aux besoins économique et alimentaire. La prise en compte de la nature et des services qu’elle rend est le fondement de cette démarche, explique l’Office français de la biodiversité.
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