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Ornithologie

Les Nuits sans lumière lancées à La Réunion pour sauvegarder les pétrels

05 avril 2024

Par : La rédaction

Cette année encore, la Seor déploie un important dispositif visant à protéger les jeunes Pétrels de Barau de la pollution lumineuse pour qu’ils puissent rejoindre l’océan pour la première fois.

La saison d’envol des jeunes pétrels de Barau vient de commencer sur l’île de La Réunion. Alors comme chaque année, la Société d’études ornithologiques de La Réunion (Seor) lance la campagne d’information et de sauvetage Nuit sans lumière du 4 avril jusqu’au 3 mai. Le dispositif vise à secourir un maximum de jeunes Pétrels de Barau (Pterodroma baraui), victimes d’échouages causés par la pollution lumineuse. Ce rendez-vous annuel est également l’occasion de sensibiliser la population au phénomène d’échouage de ces oiseaux et aux gestes à mettre en œuvre pour le limiter, mais également à inciter l’ensemble des partenaires à réaliser des actions de réduction des éclairages, voire d’extinction totale durant le mois d’avril.

Le Pétrel de Barau est une espèce d’oiseau marin endémique de La Réunion, classée « en danger d’extinction » par l’IUCN depuis 2000. Cette espèce vit en mer tout au long de l’année et revient sur l’île une fois par an pour se reproduire. Pour se faire, ils rejoignent à la nuit tombée leurs colonies situées au niveau du Piton des neiges et du Grand Bénare. La reproduction débute au mois de septembre et se termine en avril. Les jeunes Pétrels de Barau prennent alors leur envol pour la première fois et tentent de rejoindre l’océan en suivant le reflet de la lune et des étoiles sur l’eau. Un grand nombre d’entre eux sont alors attirés par les lumières artificielles, et s’échouent au sol d’où ils sont incapables de se renvoler seuls. En l’absence d’une action de sauvetage, ils n’ont alors aucune chance de survie.

Jusqu’à 830 individus échoués attendus

Au mois d’avril 2024, les conditions lunaires par rapport au pic d’envol des jeunes Pétrels de Barau laissent présager que 580 à 830 individus devraient être retrouvés échoués. En cas de non-extinction d’un maximum d’éclairages et de mauvaise météo, la prévision maximale de 830 échouages pourrait cependant être largement dépassée – comme ce fut le cas en 2021 avec 1 540 Pétrels échoués en un mois au lieu d’environ 800 attendus.

La SEOR invite donc tous les gestionnaires d’éclairages publics, privés et sportifs à entreprendre un maximum d’efforts de réduction des éclairages et d’extinctions du 4 avril au 3 mai, dates au cours desquelles 95 % des échouages de Pétrels de Barau sont attendus :

  • Période « rouge » en début et fin de période d’envol : il convient de limiter le plus possible les éclairages extérieurs et les évènements en soirée. Les éclairages sportifs doivent être éteints autant que possible dès 19 heures 30.
  • Période « noire » du 8 au 25 avril inclus : cette période de 17 nuits consécutives est la plus critique avec 82 % des échouages attendus. Durant cette période, les efforts d’extinction des éclairages doivent être maximaux et intervenir dès 19 heures : pas d’événements en soirée nécessitant des éclairages, extinction impérative des éclairages sportifs à 19 heures 30 au plus tard.

Pour limiter la pollution lumineuse et ses impacts sur la biodiversité, les éclairages extérieurs sont strictement réglementés de manière générale et en tout temps par l’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses. Les éclairages blancs (> 3 000 Kelvin), non orientés face au sol ou encore éclairant la plage sont par exemple strictement interdits. Le non-respect de cet arrêté peut désormais être sanctionné par une contravention de 5ème classe et faire l’objet d’une mise en demeure et d’une astreinte journalière de la part de l’autorité administrative compétente.

Photo en Une :  © Seor

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