Faune sous-marine
La saison des baleines à bosse a-t-elle déjà commencé à La Réunion ?

31 mai 2026
Depuis l’observation, fin mai, d’une baleine à bosse au large de Saint-Gilles, la question brûle toutes les lèvres. Habituellement, la saison ne débute qu’en juillet à La Réunion.
L’arrivée des baleines à bosse suscite chaque année une excitation à la mesure du plaisir à observer ces mammifères marins exceptionnels. Le 27 mai dernier, la première observation de l’année 2026 à La Réunion a été signalée à Saint-Gilles, au large de la plage des Brisants, sur la côte ouest de l’île Intense. Pourtant, aux yeux des autorités locales, la saison ne court que du 1er juillet au 30 septembre, période avant laquelle les observations sont interdites.
Sur les réseaux sociaux, l’annonce de l’observation de cette première baleine à bosse alimente un grand nombre de réactions, parfois contradictoires. S’agit-il véritablement d’un démarrage précoce de la saison ? Pour l’association Globice, spécialisée dans l’étude et la conservation des cétacés, la réponse est claire, et risque d’en décevoir plus d’un : non, cette observation ne marque pas le coup d’envoi de la saison 2026.
« La migration obéit à certaines règles liées au statut de reproducteur, à des considérations physiologiques et aux stratégies des différents types d’individus, insiste l’équipe de l’ONG. Factuellement, c’est très variable, avec des écarts assez importants d’une année sur l’autre… qui ne disent par ailleurs pas grand-chose de la qualité de la saison à venir ! » En règle générale, et bien que des exceptions demeurent, les mères et les petits nés l’année précédente sont les premiers à s’approcher des côtes réunionnaises. Viennent ensuite les juvéniles, puis les adultes reproducteurs, suivis enfin des femelles gestantes.
Des migrations millimétrées
Dans le détail, les mères en fin de lactation migrent les premières vers les zones de reproduction, vraisemblablement pour rejoindre des conditions plus favorables pour leur progéniture et possiblement pour éviter la prédation par les orques. La séparation avec le baleineau survient alors à l’arrivée sur la zone de reproduction, ou parfois même un peu plus tôt. « C’est cohérent avec ce que l’on observe à La Réunion, où les premiers individus observés sont souvent très marqués par les interactions récentes avec leur mère », souligne Globice. Leurs corps peut notamment présenter des cicatrices dues aux balanes, des petits crustacés qui s’accrochent à la peau des cétacés.
Puis, arrivent les juvéniles. N’étant pas encore impliqués dans la reproduction, ils ne sont pas soumis aux mêmes pressions biologiques que les adultes, à l’inverse des femelles gravides et des mâles en compétition. Les adultes reproducteurs et les mères gestantes les suivent ensuite par vagues successives. À ce stade, la saison est certes annoncée par l’arrivée des premiers individus, mais les observations restent encore occasionnelles et discrètes. Ce n’est généralement pas avant juillet que pointe « le gros des troupes », lorsque la saison est bonne.
Inutile, alors, de se précipiter en mer dès à présent ! La meilleure façon de se tenir au courant est d’utiliser Balèn terla, une application gratuite dédiée à l’observation des cétacés depuis le littoral de La Réunion. À travers cet outil, la communauté veille et partage régulièrement ses observations de baleines à bosse… sans perturber la vie marine.
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