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Regards sur la biodiversité dans le sud-ouest de l'Océan Indien

Biologie

Botaniste « d’avant-garde », Vincent Boullet s’en est allé

Le botaniste Vincent Boullet s'était pris de passion pour l'environnement de l'océan Indien.

25 mars 2024

Par : La rédaction

Passionné par la flore de l’océan Indien, Vincent Boullet nous a récemment quittés. Scientifique prolifique, il a activement participé à une meilleure connaissance et reconnaissance de la biodiversité exceptionnelle de la région.

Il aura consacré sa vie à l’étude de l’environnement de l’océan Indien. Le botaniste Vincent Boullet s’est éteint à Mayotte à l’âge de 68 ans, le 13 février dernier. Il était membre du Conseil scientifique régional de protection de la nature de La Réunion, du Conseil national de protection de la nature. Docteur en phytobiologie et botaniste émérite « d’avant-garde » selon l’hommage rendu par le président du Conseil départemental de l’île intense, Vincent Boullet a activement participé à la création du Parc national de La Réunion et à la reconnaissance par l’Unesco de la valeur de sa biodiversité. En effet, son analyse et sa description pointue de la faune locale et des écosystèmes réunionnais comparés aux îles volcaniques tropicales du monde ont convaincu l’organisation des Nations-unies d’inscrire les pitons, cirques et remparts de La Réunion au patrimoine mondial de l’humanité.

Ce Picard d’origine s’est passionné pour l’environnement de l’océan Indien à l’aube des années 2000, lorsqu’il a pris la direction scientifique du Conservatoire botanique national de Mascarin, dont il était président jusqu’à son décès. Vincent Boullet avait précédemment déjà officié en tant que directeur scientifique des Conservatoires botaniques nationaux de Bailleul et du Massif central. Il fut également le cofondateur du Conservatoire d’espaces naturels de Picardie et son premier président.

« Travailleur infatigable, d’une rigueur scientifique exemplaire, il s’est attaché non seulement à parcourir les forêts, les savanes, le littoral de La Réunion, de Mayotte et des Iles Eparses mais aussi à mettre en place les outils et méthodes essentiels pour la connaissance et la conservation de la flore et des végétations patrimoniales des îles tropicales, retrace Tela Botanica, le réseau des botanistes francophones, dont Vincent Boullet présidait également le conseil scientifique. Herbiers, index taxonomiques de référence, bordereaux d’inventaire floristique, catalogue des végétations, cahiers d’habitat, atlas de la flore, Mascarine Cadetiana II – le système d’information flore qui recense à travers le temps toutes les données d’observation des scientifiques et des naturalistes de nos îles – constituent les bases sur lesquelles s’appuient aujourd’hui tous les acteurs de la conservation de la flore de La Réunion, de Mayotte et des Iles Eparses ».

Vincent Boullet laisse derrière lui de nombreuses publications, comme le Podrome des végétations de France ou encore un guide dédié à l’île de La Réunion, et a mené ou a participé à une trentaine d’études scientifiques, essentiellement à l’échelle de l’océan Indien occidental.

Toute l’équipe de Gecko tient à saluer son travail, sa curiosité et son dévouement à la connaissance de notre environnement, et adresse ses plus sincères condoléances à l’ensemble de sa famille et de ses proches. Un espace souvenir a été ouvert par ses filles où chacun et chacune peut y partager ses souvenirs avec Vincent Boullet.

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