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Aldabra : un atoll face aux défis du changement climatique

10 février 2025
Une étude consacrée au littoral de l’atoll d’Aldabra révèle une évolution plutôt stable du trait de côte sur plus d’un demi-siècle, en dépit d’une érosion marquée. Cette apparente résilience cache toutefois une fragilité : la dégradation des récifs coralliens pourrait compromettre à terme l’équilibre naturel de cet écosystème unique.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’atoll d’Aldabra fait partie des récifs coralliens les plus préservés de la planète. Pourtant, comme tous les atolls, il est menacé par l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière. Une étude récente a analysé l’évolution de son littoral sur une période de 51 ans (1960-2011) en utilisant des images aériennes et satellitaires. Les chercheurs ont mesuré les changements de la ligne de rivage sur 85 % du littoral de l’atoll, dans un contexte de hausse du niveau marin estimée entre 2 et 3 millimètres par an.
Les résultats montrent une relative stabilité d’Aldabra par rapport à d’autres atolls du monde. En effet, 61 % de son littoral n’a subi aucune modification notable, tandis que 24 % a évolué à un rythme moyen de 0,25 mètre par an—une vitesse bien plus faible que celle observée sur d’autres îles coralliennes. L’étude révèle un équilibre entre l’érosion et l’accrétion : environ 12 % du littoral a reculé, tandis que 12 % a avancé, maintenant globalement la superficie de l’atoll.
Toutefois, certaines zones connaissent des transformations plus marquées, notamment les rivages exposés aux vents et aux vagues dominants. Le littoral de la lagune, par exemple, a montré des évolutions plus rapides que la côte océanique, plus résistante grâce à ses formations calcaires. L’une des évolutions les plus spectaculaires a été observée à La Gigi, une plage qui, en 51 ans, s’est métamorphosée en mangrove et a avancé de 214 mètres. À l’inverse, des sites cruciaux pour la biodiversité, comme les plages de nidification des tortues vertes et les abords de la station de recherche, ont subi une forte érosion.
Ces résultats soulignent la capacité d’adaptation d’Aldabra, mais aussi sa vulnérabilité. L’apport sédimentaire des récifs coralliens joue un rôle clé dans la stabilisation des rivages, or, avec le réchauffement climatique et l’augmentation des épisodes de blanchissement corallien, cette source de sédiments est menacée. Si Aldabra est resté relativement stable jusqu’à présent, sa résilience future dépendra largement de la santé de ses récifs.
L’étude met en avant l’importance d’un suivi régulier du littoral de l’atoll pour mieux anticiper les impacts du changement climatique et adapter les stratégies de conservation. Maintenir Aldabra en l’état est essentiel non seulement pour préserver son écosystème unique, mais aussi pour en faire un laboratoire naturel permettant de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation des atolls aux pressions environnementales croissantes.
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